Actualités of Monday, 29 June 2026

Source: L'Indépendant n°1042 du 29 juin 2026

Risques de prison : les choses qu'on reproche au directeur du Budget Edou Alo'o

Scandale financier Scandale financier

Comme bon nombre de responsables cités dans le scandale des paiements des rappels non autorisés, une demande de renseignement a été servie au directeur du Budget du ministère des Finances (Minfi), par la mission du Contrôle supérieur de l’État (Consupe).

Il en ressort des éléments mis à leur disposition par Edou Alo’o Cyrille, que ce dernier a « autorisé au cours de la période allant de 2013 à 2018, le paiement de 2271 rappels traités suivant le code 447 (ESD arriérés salaires pensionnés), pour un montant total de neuf milliards trois cent huit millions deux cent quatre-vingt-seize mille six cent quarante-trois (9 308 296 643) francs CFA ».

Le directeur général du Budget du ministre des Finances a également « autorisé au cours de la période allant de 2013 à 2018, le paiement d’un capital-décès en double, pour un montant total de quatre millions neuf cent cinquante-trois mille cent soixante (4 953 160) francs CFA, ce en dépit des dispositions des décrets N°2000 /684/ Pm du 13 septembre 2000 et n°82341 du 9/08/1982 fixant les conditions et modalités d’attribution du capital-décès et du guide de traitement des dossiers de pensions et des rentes viagères du Minfi qui précisent que le capital-décès est une allocation pécuniaire à paiement unique, accordée en un seul versement, quels que soient l’origine, le moment ou le lieu du décès, aux ayants droit d’un fonctionnaire ou d’un militaire décédé en activité ».

Pour les fins limiers du Consupe, cet état des autorisations de paiement signées par Edou Alo’o Cyrille « n’est pas exhaustif ». Par ailleurs, souligne opportunément la mission du Consupe dans sa demande de renseignement servie au Dgb/Minfi, « la sous-direction de la gestion, du contentieux de la solde et du suivi de la réforme de la DDPP n’a pas traité les dossiers sous-tendant ces paiements ; et le service de la solde et des pensions de la Paierie générale du trésor n’a pas valisé lesdits dossiers ».

La mission du Consupe fait savoir que « l’autorisation de paiement est le dernier niveau du contrôle des paiements de plus d’un million ; c’est un vu bon à payer, un ordre donné aux établissements financiers et postes comptables de mettre ces sommes inclues à la disposition des bénéficiaires ».

Dans sa demande de renseignement, les auditeurs du Consupe soulignent que « les rappels ESD arriérés salaires pensionnés (code 447) ont été traités par mode "batch". Par conséquent, ils n’ont pas fait l’objet de contrôle par le comité chargé du contrôle et de la validation mensuelle des rappels issus des traitements des dossiers dans la chaîne solde ». Les vérifications du Contrôle supérieur de l’État font également observer qu’aucun fond de dossier ayant sous-tendu le paiement de ces rappels n’a été transmis à la mission de contrôle. Partant de ces constats, les auditeurs du Consupe vont demander au directeur général du Budget du ministère des Finances de leur faire tenir les explications qui justifient la signature de ces autorisations de paiement, qui ont entraîné un préjudice financier à l’État d’un montant de neuf milliards de trois cent treize millions deux cent quarante-neuf mille huit cent trois (9 313 249 803) francs CFA susceptible d’engager sa responsabilité.

Nommé le 11 mars 2017 par décret présidentiel, Edou Alo’o occupait le poste de chef de division de la réforme budgétaire au ministère des Finances. Il remplaçait comme DGB, Antoine Félix Samba. Figure centrale de l’administration financière camerounaise, travaillant sous l’égide du ministre des Finances, il a notamment pour missions : de diriger les séminaires de préparation du budget de l’État et de veiller à son exécution ; d’animer des ateliers de sensibilisation portant sur la gestion et l’anticipation des risque budgétaires pour les hauts responsables de l’administration ; de présider les cérémonies d’installation des nouveaux responsables promus au sein des services centraux et régionaux de la direction générale du budget ; d’œuvrer pour l’optimisation des délais de traitement des dossiers de solde et de pension des agents de l’État, comme lors des conférences des acteurs de la chaîne solde à Yaoundé.