Actualités of Monday, 29 June 2026

Source: www.camerounweb.com

Voici la stratégie d’attaque de la BAS contre Chantal et Brenda Biya à Genève

Cette opération est le résultat d'une stratégie discrète et disciplinée Cette opération est le résultat d'une stratégie discrète et disciplinée

Cinq membres de la Brigade Anti-Sardinard (BAS) ont mené une action surprise à l'hôtel où séjourne la famille présidentielle camerounaise à Genève, contraignant Chantal et Brenda Biya à se mettre à l'abri et conduisant à l'interpellation de deux activistes après le dépôt d'une plainte. Cette opération est le résultat d'une stratégie discrète et disciplinée, qui s’oppose à l'inaction supposée de certains responsables de la diaspora. On y voit une démonstration de la capacité de mobilisation de la BAS malgré les divisions internes.

Cinq activistes de la Brigade Anti-Sardinard ont fait irruption ce jour à l'Hôtel Continental de Genève, où séjourne la famille présidentielle camerounaise depuis trois semaines. Chantal Biya et sa fille Brenda, surprises dans les couloirs, ont dû se replier précipitamment dans une chambre pour se mettre en sécurité. La Première Dame a par la suite déposé une plainte auprès des autorités suisses, qui a conduit à l'interpellation de Landry Njantou et Pierre Gignac.

Ce résultat n'est pas le fruit du hasard. Il est le produit d'un choix stratégique délibéré.

La division interne de la BAS consécutive au décret Tchiroma d'avril 2026 avait produit un effet collatéral que le régime n'avait pas anticipé. En absorbant les figures les plus visibles et les plus agitées de la résistance diasporique, les coordinateurs Tchiroma avaient convaincu l'entourage présidentiel que la menace était neutralisée. Trois semaines de séjour à Genève sans incident avaient achevé d'installer cette fausse tranquillité. La famille présidentielle avait baissé la garde. C'est précisément ce moment que les cinq activistes ont choisi.

Pas de tracts distribués à l'avance. Pas de service d'ordre repérable. Pas de rassemblement annoncé sur les réseaux. Une opération discrète, sans fuite d'information, construite sur l'effet de surprise que seul un petit nombre soudé et discipliné peut produire. Ce que cent militants infiltrés ne pouvaient plus faire, cinq l'ont fait.

Ce raid est aussi la première traduction concrète de la Déclaration de Paris adoptée le 16 mai à Cergy. Le texte posait trois exigences que cette action incarne sans détour. La protection de la résistance par la réduction du périmètre d'action à ceux dont la trajectoire est vérifiable et l'engagement non monnayable. La clarté idéologique, qui exclut de facto ceux qui ont troqué leur militantisme contre un poste dans le décret Tchiroma. La discipline collective, visible dans la précision chirurgicale de l'opération et l'absence totale de débordement. Cergy avait produit un texte. Genève produit un acte. L'intervalle entre les deux est de quarante-deux jours.

La plainte de Chantal Biya est, paradoxalement, la meilleure mesure de l'efficacité de l'action. Une opération fantôme n'oblige personne à saisir la justice suisse. Une Première Dame ne dépose pas une plainte parce qu'elle a entendu des slogans depuis sa fenêtre. Elle le fait parce qu'elle a couru dans les couloirs d'un hôtel et que la scène l'a suffisamment ébranlée pour qu'elle exige une réponse judiciaire.

La BAS a réagi sans délai. Son communiqué est sans ambiguïté : "Chantal Biya fait arrêter deux Commandants de la BAS à Genève. Des renforts arrivent pour d'autres actions à l'Intercontinental." Une mobilisation est en cours d'organisation à Genève pour réclamer la libération des deux activistes. Ce raid n'est donc pas un acte isolé. Il est le premier temps d'une séquence.

Avant de conclure, il faut poser la question que personne dans le camp Tchiroma ne veut entendre. Genève est à deux heures de Paris, à trois heures de Bruxelles, à quatre heures de Londres. Les vingt-neuf coordinateurs de diaspora nommés en grande pompe par décret sont en Europe. Manifester en Suisse, c'est précisément ce que les Camerounais de l'intérieur ne peuvent pas faire. C'est la liberté fondamentale que la diaspora détient et que le régime ne peut pas lui retirer. Cette liberté, les coordinateurs Tchiroma ne l'ont pas utilisée.

Aucun d'eux n'était à Genève. Depuis leurs nominations, leur bilan public se résume à des insultes quotidiennes sur les réseaux sociaux.
Landry Njantou et Pierre Gignac répondent de leurs actes devant la justice suisse ce soir. Vingt-neuf coordinateurs sont dans leurs appartements européens, à quelques heures de là, les mains vides et la conscience tranquille. Ce contraste dit tout ce qu'il y a à dire sur la nature réelle de chaque engagement.

John Lawson