Sanovia Health Care, société chargée du traitement du linge hospitalier à l'Hôpital Central de Yaoundé, est accusée de graves violations du droit du travail par un ancien employé. Salaire de 70 000 FCFA par mois, retards de paiement de plusieurs mois, licenciements sans versement des droits, absence de contrats de travail et menaces de licenciement en cas d'accident : le témoignage dépeint un climat de peur entretenu par la direction. Selon le plaignant, le directeur de la société, Brian Bandini, serait le neveu du directeur de l'hôpital central, un lien familial qui, s'il est avéré, soulève des questions sur les conflits d'intérêts et le contrôle des marchés publics au sein de l'établissement.
Info en continu..HÔPITAL CENTRAL DE YAOUNDÉ : LES EMPLOYÉS ACCUSENT UNE ENTREPRISE DE SOUS TRAITANCE DE GRAVES VIOLATIONS DU DROIT DE TRAVAIL
La gestion des travailleurs par certaines entreprises de sous-traitance intervenant dans les établissements hospitaliers publics continue de susciter des dénonciations. Cette fois, c’est un ancien employé de Sanovia Health Care, société chargée du traitement du linge hospitalier à l’Hôpital Central de Yaoundé, qui dénonce ce qu’il présente comme de nombreuses atteintes aux droits des travailleurs. Le directeur de cette société s’appelle : Brian Bandini. Neveu du directeur de l'hôpital central ( en photo).
Selon son témoignage, l’entreprise rémunérerait certains employés à hauteur de 70 000 FCFA par mois, tout en opérant un prélèvement de 4 000 FCFA au titre des cotisations à la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS). L’intéressé affirme toutefois que plusieurs travailleurs ne disposeraient d’aucun contrat de travail écrit, ce qui alimente des interrogations sur leur situation administrative et sociale.
L’ancien employé affirme également que les salaires connaîtraient d’importants retards de paiement. Selon lui, certains travailleurs auraient été amenés à exercer leurs fonctions pendant près de quatre mois sans percevoir leur rémunération, alors que les retards et absences feraient systématiquement l’objet de retenues sur salaire.
Autre accusation portée contre l’entreprise : des licenciements qui interviendraient sans versement des droits dus aux salariés. Le plaignant indique avoir été licencié en avril 2026 et affirme n’avoir toujours pas perçu, à ce jour, les sommes qui lui seraient dues. Il dit disposer d’échanges avec le comptable de l’entreprise, lequel lui aurait assuré que son paiement serait effectué avant de cesser de répondre à ses sollicitations.
L’ancien salarié dénonce également les conditions de gestion des accidents du travail. Selon lui, un employé victime d’un accident dans l’exercice de ses fonctions risquerait d’être licencié plutôt que pris en charge, une pratique qui, si elle était avérée, serait contraire aux dispositions du Code du travail et aux règles relatives à la protection des travailleurs.
Le témoignage évoque en outre l’absence présumée de règlement intérieur clairement communiqué aux employés, des sanctions disciplinaires appliquées sans cadre connu ainsi qu’un climat de peur entretenu au sein de l’entreprise. L’ancien employé affirme que la direction rappellerait régulièrement aux salariés qu’ils sont facilement remplaçables, ce qui découragerait toute revendication.
Ces nouvelles accusations relancent le débat sur les conditions de travail au sein des entreprises de sous-traitance intervenant dans les hôpitaux publics. Depuis plusieurs années, des organisations syndicales dénoncent la précarité de nombreux travailleurs externalisés, confrontés à des contrats instables, des retards de salaires et des difficultés d’accès aux droits sociaux.
L’ancien employé appelle aujourd’hui les services compétents du ministère du Travail et de la Sécurité sociale, l’Inspection du travail ainsi que la CNPS à examiner la situation afin de vérifier ces allégations et, le cas échéant, de faire respecter les droits des travailleurs concernés.
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