Un projet à 72 milliards de FCFA qui divise. Alors que le gouvernement camerounais ambitionne de moderniser l'aéroport de Bertoua dans le cadre d'un programme national, des habitants de la région de l'Est dénoncent un projet « déconnecté » des priorités locales. « Si vous interrogez cent habitants sur leurs priorités aujourd'hui, vous n'en trouverez probablement pas cinq qui citeront l'aéroport », affirme un riverain. Routes, hôpitaux, eau potable, électricité… les besoins urgents sont ailleurs, dans une région qui affiche l'un des plus faibles Indices de développement humain du pays (0,543). Alors que les expropriations et indemnisations (490 millions FCFA prévus) suscitent déjà des tensions, les populations s'interrogent sur la pertinence d'un projet qui, selon elles, ne répond pas aux réalités du terrain. L'extension prévoit de faire passer l'emprise foncière de 180 à plusieurs centaines d'hectares, dans une région où l'espace ne manque pas, mais où les infrastructures de base, elles, font cruellement défaut.
Info en continu… EXTENSION DE L’AÉROPORT DE BERTOUA: DES HABITANTS DÉNONCENT UN PROJET DE 72 MILLIARDS FCFA QU’ILS JUGENT DÉCONNECTÉ DE LEURS PRIORITÉS
La controverse autour du projet d’extension de l’aéroport de Bertoua continue de s’intensifier. Après les contestations relatives aux indemnisations des populations affectées, de nouvelles voix s’élèvent dans la région de l’Est pour remettre en cause les priorités de l’État dans une région confrontée à d’importants défis en matière de développement.
Plusieurs habitants estiment que, malgré les ambitions affichées par le gouvernement, l’extension de l’aéroport ne répond pas aux besoins les plus urgents des populations.
« Si vous interrogez cent habitants de la région de l’Est sur leurs priorités aujourd’hui, vous n’en trouverez probablement pas cinq qui citeront l’aéroport. Les routes, les hôpitaux, l’eau potable ou encore l’accès à l’électricité reviennent systématiquement dans les préoccupations », affirme un riverain concerné par le projet.
Un projet de 72 milliards de FCFA
L’extension de l’aéroport de Bertoua s’inscrit dans un programme national de modernisation des plateformes aéroportuaires de Bertoua, Kribi et Tiko, pour un coût global estimé à 72 milliards de FCFA. L’objectif affiché est d’améliorer la connectivité intérieure, de renforcer la sécurité aérienne et de stimuler le développement économique régional.
À Bertoua, le projet prévoit notamment l’extension de l’emprise foncière de l’aéroport, jusque-là limitée à environ 180 hectares, afin de permettre sa modernisation et l’accueil d’infrastructures conformes aux standards actuels.
Pour les populations concernées, cette extension se traduit par des expropriations et des indemnisations. Le gouvernement a prévu une enveloppe d’environ 490 millions de FCFA pour indemniser les personnes affectées, dont 200 millions de FCFA au titre de la première phase destinée aux propriétaires de bâtiments et d’habitations.
La pauvreté au cœur des préoccupations
Les critiques formulées par certains habitants trouvent un écho dans les indicateurs socio-économiques de la région.
Avec une superficie de 109 002 km², la région de l’Est est la plus vaste du Cameroun, mais également l’une des moins peuplées et des moins développées en matière d’infrastructures. Son Indice de développement humain (IDH) est estimé à 0,543, la plaçant parmi les régions les moins favorisées du pays. Au-delà des chiffres, les habitants évoquent une réalité humaine.
« Nous avons bâti ces maisons au prix de nombreux sacrifices. Aujourd’hui, nous avons le sentiment que nos préoccupations passent après un projet dont nous ne percevons pas encore les retombées directes », confie un résident de la zone concernée.
Plusieurs riverains rappellent également que le projet de modernisation des aéroports concernait initialement Tiko, Kribi et Bertoua. Ils soulignent qu’à Tiko, le projet a été adapté en raison de l’urbanisation, estimant que la même réflexion pourrait être menée à Bertoua, où l’espace disponible dans la région reste considérable selon eux. Cette position reflète leur appréciation de la situation et n’a pas fait l’objet d’une confirmation officielle.
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