Invité de l'émission Club d'Élites sur Vision 4, le communicant Pascal Messanga Nyamding a livré une analyse sans concession de la gestion médiatique autour de la santé du président Paul Biya. Selon lui, les proches du chef de l'État ne maîtrisent pas les règles élémentaires de la communication de crise, contrairement à ce qui se pratique en France avec des chefs d'État comme François Mitterrand ou le général de Gaulle.
Pascal Messanga Nyamding a d'abord balayé les révélations de Jeune Afrique sur un séjour médical du président en Suisse. « Jeune Afrique ne nous donne aucune information nouvelle parce que le président, à son âge, souffre de bobos. Le président à son âge a besoin de se faire suivre médicalement », a-t-il déclaré.
Une affirmation qui relativise l'impact des récentes informations du magazine panafricain. Pour le communicant, il est normal, voire attendu, qu'un homme de 93 ans, le plus vieux président en exercice au monde, fasse l'objet d'un suivi médical régulier.
Le communicant a ensuite porté son attention sur l'attitude des collaborateurs du président. « Quelques acteurs autour du président ne maîtrisent pas ce qu'on appelle la communication de crise. Ça ne sert à rien de venir dire que le président se porte bien, lorsqu'on sait qu'il a 93 ans », a-t-il déploré.
Pour lui, le démenti catégorique est contre-productif. « Une bonne communication de crise, moi je l'ai vue autour de François Mitterrand, je l'ai vue dans le passé avec des gens comme Alain Peyrefitte autour du général de Gaulle », a-t-il cité en exemple.
L'exemple français : reconnaître les limites, préserver la lucidité
Pascal Messanga Nyamding a salué la communication adoptée autour du général de Gaulle : « Il disait : écoutez, le général ne se porte pas bien sur certains points, mais il est lucide. »
Une approche qui consiste à reconnaître les fragilités physiques tout en rassurant sur les capacités intellectuelles du chef de l'État. Une nuance que les communicants du président Biya auraient, selon lui, du mal à intégrer.
Cette sortie médiatique intervient alors que le gouvernement a démenti, le 18 juin, les informations de Jeune Afrique sur une hospitalisation de Paul Biya dans une clinique privée de Genève . Le porte-parole du gouvernement, René Emmanuel Sadi, a confirmé la présence du chef de l'État en Suisse, mais a nié toute hospitalisation, affirmant que son état de santé « ne nécessite point une prise en charge médicale » à la mesure de celle évoquée par Jeune Afrique.
La critique de Pascal Messanga Nyamding, bien que mesurée, met en lumière la difficulté des autorités à gérer l'opinion sur l'état de santé du chef de l'État, dans un contexte où la question de la succession est de plus en plus présente dans l'espace public.









