Le Président Directeur Général du Groupe l’Anecdote a retrouvé dans le cadre de la session d’audience du 22 au 23 juin 2026 au tribunal militaire de Yaoundé.
Devant la barre, l'expert Bell Bidjoka réitère : « Tous les messages de M. Amougou Belinga supprimés ont été récupérés. Par Google ou Icloud, et même dans l'exploitation à 100% des téléphones de Colonel Danwe. De tous les messages supprimés et récupérés, il n'y a aucun lien entre les conversations analysées et le meurtre de Martinez Zogo».
Par cette déclaration, l’expert Bell Bidjoka maintient ce lundi au tribunal qu’il n’a trouvé aucun lien entre Amougou Belinga et l’assassinat de Martinez Zogo
Question du Commissaire du Gouvernement : « Est-ce possible que le compte Google de quelqu'un signale plusieurs périphériques alors qu'il n'utilise qu'un seul?».
Réponse du Pr Bell : « Oui. Vous pouvez enregistrer un compte Google sur autant de périphériques que vous voulez sans pour autant les utiliser. Exemple vous pouvez enregistrer les peripheriques de vos enfants ou même d'autres que vous n'utilisez plus ».
Il faut rappeler que, le 1er juin, pour la première fois depuis l'enlèvement et l'assassinat du journaliste Martinez Zogo en janvier 2023, des images de lui encore en vie ont été montrées au public : des images que personne dans cette salle n'aurait voulu voir. Mandaté dès la phase préliminaire pour décrypter le contenu numérique des téléphones de plusieurs accusés, l'expert en cybersécurité Georges Bell Bitjoka a comparu ce lundi avec un rapport de mille pages et des preuves qui ont retourné le ventre des personnes présentes. Sur l'écran du tribunal, on a vu Martinez Zogo. Attaché. Bâillonné. Le visage tellement abîmé qu'on peine à le reconnaître. Il supplie. C'est tout ce qu'il lui reste à faire. La vidéo provient du téléphone de Justin Damwe, ancien chef des opérations de la Direction générale de la recherche extérieure, la DGRE.
Mais Bell Bitjoka n'en est pas resté là. Cinq téléphones au total ont été épluchés : deux appartenant à Damwe, trois à Maxime Eko Eko, son ancien supérieur hiérarchique à la tête de la DGRE. Ce qu'en révèle l'analyse est accablant : des échanges de messages entre accusés qui décrivent, froidement, la mort d'un homme. « Il est mort, je crois qu'il est mort. Je suis inquiet; Ne vous inquiétez de rien, il n'y aura rien si vous ne dites rien. » Des mots tapés sur un téléphone, comme si l'on parlait d'une affaire banale. Dans la salle, personne ne pipait mot.
L'expert a également reconstitué, grâce aux données des opérateurs de téléphonie mobile, un réseau de contacts entre Justin Damwe d'un côté, et de l'autre Jean-Pierre Amougou Belinga ainsi que Modeste Mopa, ancien directeur général des impôts, concernant la ligne 94. Des connexions documentées, chiffrées, difficiles à contester. Un autre élément audio révèle Damwe donnant des instructions pour filmer la victime; des ordres prononcés comme s'il s'agissait d'une mission ordinaire.
LE LIEUTENANT-COLONEL JUSTIN DANWE À MODESTE MOPA: "NOUS ALLONS EXERCER UNE PRESSION PSYCHOLOGIQUE SUR MONSIEUR AMOUGOU BELINGA"
Selon le compte-rendu de nos confrères de Legal237.net, lequel s'appuie sur le témoignage de l'expert en cybersécurité Bell Bitjoka devant le tribunal militaire de Yaoundé ce lundi 1er juin 2026, dans le cadre de l'affaire Martinez Zogo, voici un extrait des échanges téléphoniques entre l'ancien directeur des Impôts, Modeste Mopa Fatouing et l'ex-directeur des opérations de la Direction générale de la recherche extérieure (DGRE), le lieutenant-colonel Justin Danwe:
[Les échanges entre Justin Danwe et Monsieur Mopa, ancien directeur général des Impôts, gravitent autour du conflit qui opposait ce dernier à Jean Pierre Amougou Belinga: "il n'est qu'une victime d'un conflit qui existe entre le Minfi (Ministre des Finances, Ndlr) et le Sgpr (Secrétaire général de la Présidence de la République, Ndlr), qui luttent pour la succession au pouvoir. Il aurait mieux fait de reconnaitre et payer sa dette. » Ainsi déclare Modeste Mopa Fatoing à Justin Danwé au cours d’une conversation. A cela s’ajoute la gestion des lignes 94 et 65. « L’audit des lignes 94 et 65 bat son plein et certains ont perdu le sommeil et cherchent à rembourser les sommes indûment perçues. » Et Justin Danwé de poursuivre : « Nous allons recommencer à exercer les pressions psychologiques sur lui… » ]
Cet extrait nous permet de nous situer dans le contexte de l'élimination physique de Martinez Zogo. Il permet aussi de remonter au commanditaire principal et en ressort le potentiel mobile. En effet, en mars 2022, la direction générale des Impôts lance une opération de redressement fiscal contre les entreprises de l'homme d'affaires Jean Pierre Amougou Belinga. Le directeur des Impôts, Mopa Fatouing, est très proche de Ferdinand Ngoh Ngoh, tout puissant secrétaire général à la présidence. Les ambitions présidentielles de ce dernier sont un secret de polichinelle (Mopa le dit dans l'extrait ci-dessus). C'est ainsi que Ngoh Ngoh entreprend de neutraliser les membres du clan rival. D'où cette opération de redressement fiscal, tout comme l'audit sur la gestion des lignes budgétaires 94 et 65. L'objectif sous-jacent de cette croisade est d'anéantir le pouvoir financier de ses adversaires.
Lorsque le colonel Justin Danwe dit à Mopa (tous deux, de l'ethnie toupouri, à l'Extrême-Nord du Cameroun): "Nous allons recommencer à exercer les pressions psychologiques sur lui (sur Amougou Belinga), cela signifie que la première étape ayant consisté à exercer une pression fiscale sur Amougou Belinga,après un léger intermède, il fallait reprendre cette fois-là avec la pression médiatique. D'où l'entrée en scène de Martinez Zogo et de bien d'autres journalistes camerounais.
Fin 2022-début 2023. Dans le cadre de son émission Embouteillage sur Amplitude FM, Martinez Zogo dénonce Jean Pierre Amougou Belinga qui, selon lui, aurait gagné des marchés fictifs payés à partir des lignes budgétaires 94 et 65.L'animateur radio parle également de la dette fiscale des entreprises appartenant au businessmann. Martinez Zogo s'exprime sur la base des documents que lui a remis...Modeste Mopa Fatouing.
Après la découverte du corps de Martinez Zogo le 22 janvier 2023, Ferdinand Ngoh Ngoh met sur pied une commission mixte police-gendarmerie dont il prend soin de circonscrire le champ de l'enquête. Par exemple, les policiers membres de la commission veulent auditionner les responsables des compagnies de téléphonie mobile, histoire de comprendre pourquoi la connexion internet a été restreinte dans la zone où Martinez Zogo a été torturé, poussant les membres du commando à communiquer à travers des SMS (facilement traçables), et de qui est venu l'ordre de procéder à de telles restrictions. Les gendarmes (proches de Ngoh Ngoh) ont dit niet. De plus, le 27 janvier 2023, Modeste Mopa Fatouing est nommé au Fonds monétaire international. D'aucuns y ont vu un moyen pour Ngoh Ngoh de l'exfiltrer hors du pays, après le rôle joué dans l'affaire Martinez Zogo.
En un mot comme en mille, Martinez Zogo a été sacrifié par le clan Ngoh Ngoh qui a organisé son élimination physique afin....d'"exercer une pression psychologique" sur Jean Pierre Amougou Belinga, proche de Louis Paul Motaze (ministre des Finances), de Laurent Esso, de Samuel Mvondo Ayolo (Directeur du Cabinet Civil) et du General Ivo Desancio Yenwo (Directeur de la Sécurité Présidentielle), tous dans la ligne de mire de Ngoh Ngoh. D'ailleurs, Justin Danwe n'a-t-il pas dit à Amougou Belinga qu'il était chargé de surveiller certains services tels que le ministère des Finances ? Au profit de qui le faisait-il si ce n'est de Ferdinand Ngoh Ngoh ?









