À l'heure où l'artiste interplanétaire est expulsé de France et s'apprête à fouler le sol camerounais, un avis de recherche et d'arrestation a été émis contre lui. Motif : « outrage au chef de l'État ». La société civile dénonce une tentative d'humiliation et appelle à une mobilisation générale.
Un document officiel, daté du 15 juin 2026 et signé par le Commissaire de Police Principal Vincent de Paul MEVA, Chargé d'Études Assistant n°2 au Cabinet du Délégué Général à la Sûreté Nationale, ordonne la recherche et l'arrestation de LONGKANA AGNO SIMON, connu sous son nom d'artiste Longuè Longuè.
L'avis, adressé à toutes les unités de police et de gendarmerie du territoire, précise que l'artiste fait l'objet d'une « procédure judiciaire en cours au Cabinet de Monsieur le Délégué Général à la Sûreté Nationale pour outrage au chef de l'État ».
Selon des sources proches du dossier, Longuè Longuè est actuellement en train d'être expulsé de France, escorté par deux policiers français en civil armés. Son arrivée est prévue ce soir à l'aéroport de Douala, aux environs de 19h15, sur un vol Air France.
La publication de cet avis de recherche, couplée à son expulsion, laisse craindre une arrestation dès sa descente d'avion. Les autorités camerounaises semblent avoir préparé son interpellation, alimentant les soupçons d'une machination visant à museler l'artiste engagé.
Un artiste engagé, cible du régime
Longuè Longuè, auteur du célèbre tube Ayo Africa, est connu pour ses prises de position contre le régime de Yaoundé. Ses chansons, souvent critiques envers les autorités, lui ont valu une popularité immense auprès des Camerounais, mais aussi une hostilité déclarée des cercles du pouvoir.
L'accusation d'« outrage au chef de l'État » est fréquemment utilisée au Cameroun contre les opposants et les artistes critiques. Longuè Longuè avait déjà été victime de violences physiques en 2019 à Douala, des images de son agression par des agents de sécurité étaient devenues virales.
La société civile appelle à la mobilisation
Face à cette situation, plusieurs organisations de la société civile et des personnalités politiques dénoncent une tentative d'intimidation et appellent à une mobilisation générale.
Dans une déclaration virale, un collectif de soutien à l'artiste écrit : « De quel chef de l'État parlons-nous ? Celui qui confisque les urnes et vole les élections ? Ce pouvoir léthargique qui s'apprête lâchement à transformer notre République en une monarchie héréditaire en imposant son fils ? »
Le collectif met en garde : « Accepter l'arrestation de Longuè Longuè, c'est accepter la mort définitive de notre liberté d'expression. Le peuple camerounais doit se lever comme un seul homme pour faire barrage à ce harcèlement systématique ! »
Le régime accusé de vouloir « briser une voix »
Le timing de cette procédure interroge. Longuè Longuè, retenu en France dans le cadre d'une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF), n'a pas encore foulé le sol camerounais que déjà les autorités ont préparé son arrestation.
« Ce soir, à sa descente du vol, ils préparent son humiliation. Ils veulent le museler, l'isoler, le détruire », dénonce le collectif de soutien.
Longuè Longuè avait récemment enregistré un album, Unité, en hommage au Cameroon People's Party (CPP), et s'était illustré par son soutien à l'opposition lors des scrutins présidentiels passés.
Cette affaire prend une dimension symbolique forte. Longuè Longuè est l'une des figures les plus populaires de la musique camerounaise. Son arrestation, si elle est confirmée, risquerait de provoquer une vague d'indignation dans tout le pays et au sein de la diaspora.
Les Camerounais sont appelés à se mobiliser ce soir à l'aéroport de Douala pour manifester leur soutien à l'artiste. La question est désormais : les autorités oseront-elles procéder à son arrestation sous les yeux du peuple ?









