Nouveau rebondissement dans l'affaire Martinez Zogo. L'audience consacrée à l'examen de la demande de mise en liberté provisoire introduite par les avocats de Jean-Pierre Amougou Belinga — patron du groupe l'Anecdote et principal mis en cause pour commandite présumée de l'assassinat du journaliste — a été renvoyée au 16 juillet 2026 par la Cour d'Appel. Motif invoqué : l'absence du juge assesseur militaire, dont la présence est juridiquement requise pour la tenue de cette audience.
Ce renvoi prolonge une attente déjà longue. Jean-Pierre Amougou Belinga est en détention depuis son arrestation dans le cadre de l'affaire Martinez Zogo — le journaliste d'Amplitude FM enlevé le 17 janvier 2023, retrouvé mort et mutilé cinq jours plus tard dans la périphérie de Yaoundé. Depuis lors, le promoteur de Vision 4 Télévision clame son innocence dans les preuves du commandite — une position que ses avocats défendent avec constance, et qu'une partie de l'opinion soutient depuis la tribune du politologue Vincent Sosthène Fouda et les déclarations de Boney Philippe sur le plateau de Vision 4.
Ce report au 16 juillet n'est pas le premier dans ce dossier aux multiples rebondissements. Les avocats de la défense — qui réclamaient déjà «un complément d'expertise» après les révélations de l'expert en cryptologie Georges Bell Bitjoka lors des audiences des 1er et 2 juin — voient ainsi s'éloigner encore la perspective d'une libération provisoire pour leur client.
Ce renvoi intervient dans une séquence judiciaire particulièrement chargée. Lors des dernières audiences, Jeune Afrique avait révélé en exclusivité que l'expert Bell Bitjoka avait établi «un bilan d'appels particulièrement intense» entre Amougou Belinga et Justin Danwe — principal accusé du meurtre — du 16 au 19 janvier 2023, soit pendant exactement les jours de l'enlèvement et des premières heures suivant la disparition de Martinez Zogo. Des messages «systématiquement supprimés» sur les téléphones d'Amougou Belinga mais «néanmoins récupérés» par l'expertise.
Parallèlement, Jeune Afrique avait révélé l'apparition d'un nouveau nom dans le dossier — celui de Modeste Mopa Fatoing, ancien directeur général des impôts — dont les contacts téléphoniques avec Danwe avaient été documentés dans le rapport d'expertise. Un élément que Boney Philippe de Vision 4 avait aussitôt mis en avant comme «apporté par la justice elle-même, et non par le groupe l'Anecdote» — alimentant la thèse d'une affaire aux ramifications plus complexes que la version officielle dominante.
La formule finale de l'information disponible dit tout sur la nature de ce dossier : «sauf nouveau renvoi». Une précaution oratoire qui, dans le contexte d'une affaire qui accumule depuis trois ans les reports, les absences de magistrats et les expertises incomplètes, n'est pas que de pure forme. La Cour d'Appel devra le 16 juillet se prononcer sur le bien-fondé de la libération provisoire de l'un des hommes les plus puissants du paysage médiatique camerounais. Pendant ce temps, le procès au fond continue au Tribunal Militaire, et les questions sur les commanditaires réels de l'assassinat de Martinez Zogo restent — trois ans et demi après les faits — sans réponse définitive.









