Actualités of Tuesday, 16 June 2026

Source: www.camerounweb.com

Tchiroma dépose plainte à Paris contre Paul Biya, Ngoh Ngoh, Atanga Nji et sept autres hauts responsables : Jeune Afrique révèle les détails

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Depuis son exil gambien, Issa Tchiroma Bakary a choisi l'arme du droit. Dans une démarche que Jeune Afrique révèle en exclusivité dans son édition du 15 juin 2026, le président du Front pour le Salut National du Cameroun (FSNC) a déposé plainte devant le Tribunal Judiciaire de Paris contre Paul Biya et pas moins de dix hauts responsables camerounais — invoquant la compétence universelle pour des crimes commis lors des violences postélectorales d'octobre 2025. Une offensive judiciaire internationale d'une ampleur inédite dans l'histoire politique camerounaise — et qui vise au sommet même de l'État.


Jeune Afrique révèle en exclusivité la liste complète des personnalités visées par la plainte de Tchiroma — et elle est d'une envergure qui n'a pas de précédent dans les procédures judiciaires internationales visant le Cameroun. Au sommet : Paul Biya — que Tchiroma qualifie d'«ancien chef d'État», contestant sa réélection d'octobre 2025. Vient ensuite Ferdinand Ngoh Ngoh, décrit comme détenteur d'une «délégation permanente de signature» du Chef de l'État — celui-là même dont Jeune Afrique a documenté le réseau tentaculaire d'influence sur l'économie camerounaise. Puis les ministres : Paul Atanga Nji (Administration Territoriale) et Joseph Beti Assomo (Défense).
Mais la plainte ne s'arrête pas aux politiques. Jeune Afrique révèle qu'elle vise également les responsables des institutions électorales : Clément Atangana (Conseil Constitutionnel, dont le journal a récemment révélé qu'il est hospitalisé) et Erik Essousse (Direction Générale des Élections). Et des responsables sécuritaires : le général François Pelene, coordinateur du BIR — cette unité d'élite dont Jeune Afrique venait de révéler les menaces de grève avant le défilé du 20 mai —, Galax Yves Landry Etoga, secrétaire d'État à la Gendarmerie, Jean-Pierre Robins Ghoumo, patron de la DGRE — l'homme que Franck Biya voulait renvoyer selon les révélations exclusives du journal —, et Martin Mbarga Nguelé, directeur de la Sûreté Nationale.


Le tableau des faits reprochés, révélé par Jeune Afrique, est d'une gravité qui justifie le recours au droit international. Depuis plus de sept mois, affirme Tchiroma, «des milliers de Camerounais croupissent illégalement dans les prisons dans des conditions effroyables». Certains seraient «morts en détention», d'autres auraient péri «sous le crépitement des balles». Des «traitements inhumains et dégradants» sont dénoncés. Et le recours aux tribunaux militaires pour juger des civils — que la plainte du Professeur Aba'a Oyono, documentée précédemment par notre rédaction, avait déjà illustré dans sa dimension la plus personnelle — est qualifié de «sacrilège contre l'État de droit».
Deux noms de victimes symboliques: Anicet Ekane — mort en détention le 1er décembre 2025, dont les obsèques le 9 mai avaient été «sabotées» par le pouvoir selon Jeune Afrique — et Souleyman Tobi, «victime plus récente des violences postélectorales». Le cas Ekane fait l'objet d'une plainte distincte, qui «sera examinée de manière indépendante».


La révélation la plus stratégiquement déterminante de Jeune Afrique concerne le choix de Paris comme juridiction. Ce n'est pas le fruit du hasard. Selon des sources proches de Tchiroma citées par le journal, «plusieurs des personnalités visées détiendraient la nationalité française». Un élément qui «renforce la compétence des juridictions hexagonales». Des ministres, généraux et hauts fonctionnaires camerounais «nombreux à disposer de la double nationalité, malgré le fait que celle-ci soit interdite officiellement au Cameroun», qui «possèdent des résidences en France, s'y font soigner et y séjournent régulièrement». Autant de «points d'ancrage potentiels pour une procédure», note Jeune Afrique.