Actualités of Thursday, 4 June 2026

Source: www.camerounweb.com

Remaniement : Jeune Afrique révèle les chantiers secrets qui bloquent tout — vice-Premier ministre, nouveaux ministères et experts

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Pourquoi le remaniement gouvernemental promis par Paul Biya depuis novembre 2025 n'a-t-il toujours pas eu lieu — malgré les promesses répétées, malgré la barbe de Souley Onohiolo qui pousse sans interruption depuis six mois et demi, malgré l'impatience d'un pays entier ? Jeune Afrique, dans une enquête exclusive publiée ce 3 juin 2026, apporte enfin une réponse qui dépasse les habituelles rivalités de clans : ce qui se prépare n'est pas un simple remaniement, mais une refonte en profondeur de l'architecture entière de l'État camerounais. Et cette refonte prend du temps — parce qu'elle est pilotée dans le secret, conditionnée par des arbitrages complexes, et supervisée par les deux hommes les plus puissants d'Etoudi.


Jeune Afrique révèle que les chantiers de refonte de l'appareil d'État sont «supervisés par Ferdinand Ngoh Ngoh, le Secrétaire Général à la Présidence, et Samuel Mvondo Ayolo, le directeur du cabinet civil». Les deux rivaux apparents — dont l'un est dans le viseur de Franck Biya pour contrôle de l'information présidentielle — se retrouvent ici à travailler ensemble sur la même architecture institutionnelle. Une convergence fonctionnelle qui dit que, quelles que soient les guerres de clans qui les opposent sur la Vice-Présidence, ils restent des rouages indispensables du même système.


Ces chantiers, précise Jeune Afrique, «pourraient conduire à une refonte significative de l'architecture gouvernementale et administrative, et nécessitent des arbitrages». Des arbitrages que seul Paul Biya peut trancher — et qu'il n'a pas encore tranchés. D'où l'attente. «Le prochain gouvernement pourrait ne pas être le fruit d'un simple remaniement, mais le reflet d'une réorganisation plus profonde de l'appareil d'État», résume le journal. Un gouvernement conçu comme un système cohérent — et non comme une simple redistribution des portefeuilles existants.

Un Vice-Premier Ministre en préparation : l'innovation qui change tout
La révélation la plus inattendue de l'enquête de Jeune Afrique concerne la création envisagée d'un poste de Vice-Premier Ministre — une fonction qui «n'existe pas dans l'organigramme actuel». Selon une source proche de la présidence citée par le journal, cette innovation traduit «une volonté de renforcer la coordination de l'action gouvernementale et pourrait préfigurer une redistribution des responsabilités au sein de l'exécutif».


Cette révélation est d'une importance capitale dans le contexte actuel. Car si un Vice-Premier Ministre est créé en même temps qu'un Vice-Président de la République est nommé, l'architecture du pouvoir exécutif camerounais se trouverait profondément restructurée — avec deux numéros deux potentiels, aux attributions différentes mais aux ambitions potentiellement convergentes. La question de qui serait Vice-Premier Ministre — et si ce poste serait une consolation pour ceux qui n'auraient pas obtenu la Vice-Présidence — est déjà sur toutes les lèvres dans les cercles du pouvoir.

Des experts juridiques dépêchés d'Europe pour rédiger les textes
Jeune Afrique révèle un détail opérationnel qui dit l'ampleur de ce chantier : «Des experts, chapeautés par des juristes et universitaires camerounais, ont été dépêchés depuis l'Europe pour élaborer les textes portant organisation et fonctionnement de cette institution» — en référence à la Vice-Présidence. Des juristes européens au service de la rédaction des textes fondateurs de la nouvelle institution constitutionnelle camerounaise. Une externalisation de l'ingénierie juridique qui dit à la fois la complexité du travail et la rareté des compétences disponibles en interne pour un chantier d'une telle portée.
Ces experts travaillent en parallèle des discussions sur le futur organigramme gouvernemental — et leurs livrables conditionnent en partie la calendrier du remaniement. Tant que les textes organiques de la Vice-Présidence ne sont pas finalisés, validés par Paul Biya et publiés, nommer un Vice-Président et composer un nouveau gouvernement cohérent avec cette nouvelle architecture est techniquement prématuré.



Jeune Afrique révèle en exclusivité la liste des modifications envisagées dans l'organigramme gouvernemental. Le ministère de la Justice deviendrait «ministère de la Justice et des Droits de l'Homme» — un signal à la communauté internationale régulièrement critique sur la situation des droits humains. Le ministère du Contrôle Supérieur de l'État serait rebaptisé «ministère du Contrôle Supérieur de l'État et de la Transparence Publique». Sont également prévus un ministère des Mines et des Hydrocarbures — fusionnant des compétences actuellement dispersées —, un ministère des Infrastructures Urbaines et un portefeuille dédié à la Femme, à la Famille et à l'Équité. Dans l'éducation, un rapprochement entre l'Enseignement Supérieur et la Recherche Scientifique est à l'étude pour créer des passerelles entre universités et centres de recherche.