Actualités of Monday, 25 May 2026

Source: www.camerounweb.com

REMANIEMENT : à ce rythme, même la barbe de Souley Honohiolo va finir par entrer au patrimoine national

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Gouvernement au Cameroun : à ce rythme, même la barbe de Souleymanou Onohiolo va finir par entrer au patrimoine national. L'image du journaliste qui laisse pousser sa barbe en attendant la formation d'un nouveau gouvernement est devenue une métaphore saisissante de l'immobilisme qui paralyse le sommet de l'État. Pendant ce temps, le Bénin a formé son gouvernement en quelques heures après la prestation de serment de son nouveau président. Au Cameroun, l'équipe Dion Ngute fêtera bientôt ses 8 ans d'existence. Une comparaison qui fait mal.





GOUVERNEMENT AU CAMEROUN : À CE RYTHME, MÊME LA BARBE DE SOULEY HONOHIOLO VA FINIR PAR ENTRER AU PATRIMOINE NATIONAL
Il y a quand-même des images qui en disent plus long que n'importe quel discours politique. Celle de Souley Onohiolo qui laisse pousser sa barbe en attendant la formation d'un nouveau gouvernement camerounais, au point où elle menace désormais de lui couvrir entièrement le visage est devenue, malgré elle, une métaphore saisissante de l'immobilisme qui s'est emparé du sommet de L'état et paralyse le sommet de l'État.
PENDANT CE TEMPS, AILLEURS SUR LE CONTINENT...
À quelques milliers de kilomètres de Yaoundé, le Bénin vient de donner une leçon magistrale d'efficacité institutionnelle. Quelques heures seulement après sa prestation de serment, le nouveau président béninois a publié la composition complète de son gouvernement :
●24 membres, dont 18 hommes et 6 femmes, reflet d'une volonté assumée d'équilibre et de représentativité.
Ce qui rend cette rapidité encore plus remarquable ? Le Bénin ne dispose même pas de poste de Premier ministre. Le pays fonctionne avec un Vice-président élu poste actuellement occupé par une femme et parvient malgré tout à former un gouvernement en quelques heures. Pas en quelques semaines. Pas en quelques mois. En quelques heures. Encore moins pas "Dans les Prochains jours" (suivez mon regard)
AU CAMEROUN : 8 ANS, DES DÉCÈS, DES ABSENCES … ET TOUJOURS LES MÊMES VISAGES, ET TOUJOURS LES MÊMES TAUX D'AVANCEMENT.
Pendant ce temps, le gouvernement Dion Ngute I s'apprête à souffler ses 8 bougies. Huit années au cours desquelles:
●Des ministres sont décédés,
●D'autres ont démissionné, certains ont pratiquement disparu de la scène publique et pourtant, aucun remaniement d'envergure n'est venu renouveler l'équipe gouvernementale ni insuffler une nouvelle dynamique au pays.
Ce qui rend la situation encore plus difficile à comprendre, c'est que le President Paul Biya lui-même avait publiquement laissé entrevoir un renouveau. À trois reprises, devant la nation entière :
●Le 6 novembre 2025, lors de son discours de prestation de serment ;
●Le 31 décembre 2025, dans son adresse de fin d'année sur l'état de la Nation ;
●Le 10 février 2026, lors de son discours à la jeunesse camerounaise.
À chacune de ces prises de parole solennelles, des millions de Camerounais avaient cru saisir les signes d'un changement imminent, un RENOUVEAU POLITIQUE et ADMINISTRATIF CAPABLE DE REDONNER AU PAYS une DIRECTION CLAIRE, UNE AMBITION AFFICHÉE, UNE GOUVERNANCE RÉSOLUMENT TOURNÉE VERS L'AVENIR.
Mais jusqu'ici, les promesses sont restées sans lendemain. Et les mêmes visages, pour ceux qui sont encore en vie et n'ont pas quitté le navire, continuent d'occuper les mêmes fauteuils et pour d'autres, ils occupent même plusieurs fauteuils en même temps.
🔴L'IMMOBILISME POLITIQUE A UN COÛT ÉCONOMIQUE RÉEL
Ce qui pourrait passer pour une simple question de calendrier politique est en réalité bien plus grave. L'attentisme institutionnel prolongé produit des effets concrets, mesurables, sur l'économie nationale.
Dans un climat marqué par:
●L'incertitude gouvernementale,
●L'absence de cap politique lisible
●Et la paralysie décisionnelle, convaincre un investisseur étranger de miser sur la destination Cameroun devient un exercice de plus en plus périlleux. Car l'investissement qu'il soit local ou international a horreur du vide. Il se nourrit de visibilité, de stabilité institutionnelle et de signaux politiques forts.
Or, aujourd'hui, quels signaux envoie le Cameroun aux opérateurs économiques, aux fonds d'investissement, aux partenaires stratégiques qui observent le pays de l'extérieur ? Celui d'un État qui hésite, qui temporise, qui remet à demain ce que l'urgence économique commande de faire aujourd'hui.
Le résultat est sans appel : malgré un potentiel économique et humain immense ressources naturelles abondantes, démographie jeune, position géographique stratégique en Afrique centrale le Cameroun ne se classe qu'au 17e rang africain dans le classement B-READY, successeur du célèbre indice Doing Business de la World Bank Group/Banque mondiale. Une position qui ne reflète en rien les atouts réels du pays, mais qui traduit fidèlement les blocages structurels qui l'empêchent de décoller.
LE VRAI DANGER : L'ATTENTISME DEVIENT CONTAGIEUX
La blague commence à circuler dans les cercles d'affaires : bientôt, les investisseurs étrangers eux aussi attendront le remaniement ministériel avant de signer leurs contrats au Cameroun.
Derrière l'humour, le message est sérieux.
Un pays ne peut pas se permettre de faire de l'incertitude politique son image de marque. Chaque semaine qui passe sans signal fort de renouveau gouvernemental est une semaine de plus où:
●Des projets d'investissement se délocalisent,
●Des opportunités économiques se ferment,
●La confiance des acteurs nationaux et internationaux s'érode un peu plus.
Le Cameroun a tout pour réussir. Il lui manque, aujourd'hui plus que jamais, la volonté politique de traduire ce potentiel en actes concrets à commencer par une équipe gouvernementale à la hauteur des défis du moment.
En attendant, la barbe de Souley Honohiolo continue de pousser.
BON DÉBUT DE SEMAINE À TOUS.