Actualités of Friday, 22 May 2026

Source: www.camerounweb.com

Le signal protocolaire explosif de Franck Biya devant Ngoh Ngoh — et le voyage en Suisse annulé à cause d'une alerte sécuritaire

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La Fête de l'Unité camerounaise a offert ce 20 mai 2026 bien plus qu'un défilé militaire. Elle a offert une image — une seule, mais d'une densité politique exceptionnelle — que Jeune Afrique révèle en exclusivité et qui va alimenter les spéculations sur la succession de Paul Biya pour des semaines. Franck Biya, fils du Chef de l'État, a pris place «tout près de son président de père» dans les tribunes officielles — «allant jusqu'à devancer Ferdinand Ngoh Ngoh dans l'ordre protocolaire». Une phrase anodine en apparence. Un séisme dans le protocole d'Etoudi.


Au Cameroun, où chaque centimètre carré des tribunes officielles est mesuré et signifiant, la place occupée par une personnalité lors des cérémonies nationales n'est jamais le fruit du hasard. Le protocole y est une politique — une façon de signifier, sans un mot, qui compte, qui monte, qui descend et qui est sur le point d'être officiellement consacré. Que Franck Biya se retrouve plus proche de son père que Ferdinand Ngoh Ngoh — le Secrétaire Général de la Présidence, premier collaborateur officiel du Chef de l'État, homme le plus puissant d'Etoudi après Paul Biya — est «une proximité inédite», selon les termes de Jeune Afrique.
Cette «proximité inédite», précise le journal, «nourrit toutes les spéculations dans les cercles politiques camerounais» sur «la possible nomination de Franck Biya au poste de Vice-Président». Un poste réinstauré en avril dernier par la révision constitutionnelle — et dont le titulaire n'a toujours pas été nommé, malgré les attentes croissantes de l'opinion. Désormais, chaque apparition publique de Franck Biya sera scrutée à la loupe. Et celle-ci, devant Ngoh Ngoh, dans les tribunes du 20 mai, est peut-être la plus éloquente à ce jour.


Mais la révélation la plus stupéfiante de l'enquête de Jeune Afrique sur ce 20 mai ne concerne pas la cérémonie elle-même. Elle concerne ce qui a failli ne pas avoir lieu. Le journal révèle en exclusivité que Paul Biya a «annulé un séjour en Suisse où il se rend régulièrement pour recevoir des soins» — alors «qu'un avion avait déjà été spécialement affrété depuis la Guinée Équatoriale».
La raison de cette annulation ? Une alerte émise par des services de renseignements alliés — que Jeune Afrique ne nomme pas mais dont on peut imaginer qu'ils concernent des menaces sécuritaires sérieuses. «Le Président aurait pris en considération une alerte et aurait ordonné un renforcement du dispositif sécuritaire entourant sa personne et celle de son fils, Franck», révèle le journal. Un avion affrété puis renvoyé. Un voyage médical annulé. Un dispositif sécuritaire renforcé autour du père et du fils.
Cette révélation dit deux choses simultanément : d'abord, que l'état de santé de Paul Biya justifie des voyages réguliers en Suisse pour soins — confirmant ce que les images de la cérémonie laissaient entrevoir, le journal notant que «le président est apparu à l'écran à plusieurs reprises, visiblement diminué». Ensuite, que la menace sécuritaire pesant sur lui et sur Franck est suffisamment sérieuse pour annuler un déplacement déjà organisé. Dans ce contexte, la décision de placer Franck Biya devant Ngoh Ngoh dans les tribunes du 20 mai prend une dimension encore plus lourde de sens.


Jeune Afrique révèle une autre pratique que le pouvoir camerounais s'efforce de maintenir discrète. Charles Ndongo, directeur général de la CRTV, «avait reçu des consignes, en particulier l'interdiction de réaliser des plans serrés ou trop longs sur le chef de l'État». Des instructions données avant le défilé pour contrôler la façon dont Paul Biya apparaîtrait à l'écran — afin d'éviter que des images trop proches ne trahissent son état physique réel.

Une censure visuelle organisée au sein du service public audiovisuel camerounais — qui dit, mieux que tout discours officiel, l'anxiété du système face à la question de la santé du Chef de l'État. «Le président est tout de même apparu à l'écran à plusieurs reprises, visiblement diminué», note Jeune Afrique — signifiant que même avec les consignes données à la CRTV, la réalité physique de l'homme de 93 ans n'a pas pu être entièrement dissimulée.