Actualités of Sunday, 17 May 2026

Source: www.camerounweb.com

François Bikoro sort la sulfateuse et frappe fort

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Invité de l'émission Grand Débat sur CAM 10 Télévision, François Bikoro a livré une analyse critique de la politique d'aménagement du territoire au Cameroun. Selon lui, la forte concentration des investissements dans les grandes villes (Yaoundé, Douala, Bafoussam) est à l'origine de l'exode rural et de la déconnexion des élites politiques des réalités du pays. Il plaide pour une décentralisation effective des infrastructures et des services.




Sur le plateau de Grand Débat, François Bikoro a posé un diagnostic sans concession sur les déséquilibres territoriaux au Cameroun. « Le seul dialogue qui vaille pour l'unité nationale consiste à cesser de concentrer les investissements uniquement à Yaoundé, Douala et Bafoussam », a-t-il déclaré.

Des hommes politiques « déconnectés des réalités » : Selon lui, cette concentration urbaine a des conséquences politiques directes. « C'est dans ces grandes villes que se trouve la plus forte concentration de désœuvrés, que j'appelle ici les hommes politiques. Ils y tiennent des discours et des communications qui sont souvent déconnectés des réalités du pays. » Une charge contre une classe politique qu'il accuse de vivre en circuit fermé, loin des préoccupations des populations rurales.

Un dialogue villes-campagnes à instaurer : L'invité de CAM 10 Télévision a appelé à « un véritable dialogue entre les zones rurales et les zones urbaines ». Objectif : enrayer l'exode rural qui pousse les jeunes à quitter leurs villages pour s'installer comme motocyclistes-taxis dans les grandes métropoles. « Il est nécessaire de fixer les populations dans leur milieu naturel, là où elles se sentent le mieux », a-t-il plaidé.

François Bikoro a proposé des mesures précises pour rééquilibrer le territoire : « Il faut y envoyer les lycées, les collèges, les administrations, les députés, les gendarmeries, et même les routes. » Autant d'infrastructures qui, selon lui, permettraient de retenir les populations et de développer économiquement les zones rurales.

« Sinon, à quoi sert de tout concentrer à Yaoundé ? » : L'analyste a conclu par une question rhétorique : « Sinon, à quoi sert de tout concentrer à Yaoundé, comme si cela devait déranger le reste du pays ? » Un appel implicite à une refonte de la politique d'aménagement du territoire, pour que le développement ne profite pas seulement aux centres urbains.