Actualités of Saturday, 16 May 2026

Source: www.camerounweb.com

Vice - présidence : Choquantes révélations sur la guerre froide entre Ngoh Ngoh et Eto’o

Et si Samuel Eto'o était la surprise du président Paul Biya à ce poste ? Et si Samuel Eto'o était la surprise du président Paul Biya à ce poste ?

L’absence de Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la présidence camerounaise, lors de l’inauguration du nouveau siège de la FECAFOOT le 13 mai 2026, un événement pourtant majeur du football camerounais présidé par Samuel Eto’o, a été très remarquée. L’existence d’un conflit politique latent entre les deux hommes est souvent évoquée. Ce différend dépasserait le cadre sportif et serait lié aux enjeux de succession du président Paul Biya. Les proches du pouvoir soupçonneraient Eto’o d’avoir des ambitions présidentielles, renforcées par sa popularité et son ascension au sein de la CAF. Ces craintes expliqueraient une certaine méfiance de la présidence à son égard, malgré ses déclarations répétées de fidélité à Paul Biya.

Ferdinand Ngoh Ngoh, le grand absent de l’inauguration du siège de la FECAFOOT

Le 13 mai 2026, toute l’élite politico administrative de la ville de Yaoundé était au carrefour Warda : ministres, DCC, ambassadeurs, famille présidentielle ; même le président de la CAF a fait le déplacement pour assister à l’inauguration du nouveau siège de la FECAFOOT.

Un grand absent : le SGPR Ferdinand Ngoh Ngoh. Une absence significative lorsqu’on sait quelle a été l’implication de ce dernier dans l’organisation de la CAN 2022.

Le 7 octobre 2024, Samuel Eto’o rencontrait Ferdinand Ngoh Ngoh au Palais de l’Unité. C’était en présence du ministre des Sports et du chargé de mission à la Présidence, Philip Mbarga Mboa. Pour les 27 millions de fans de l’équipe nationale, toutes les bisbilles ayant entouré la venue de Marc Brys au Cameroun étaient de l’ordre du passé. Avant cette rencontre, Jeune Afrique titrait : « Entre Samuel Eto’o et Ferdinand Ngoh Ngoh, les coulisses de la guerre du sélectionneur ».

Awards du meilleur footballeur, inauguration du siège : pas l’ombre du SGPR. Et pourtant, Ferdinand Ngoh Ngoh est celui que l’on a vu conduire une importante délégation à la CAF, pour participer à l’Assemblée générale extraordinaire du 26 novembre 2021 afin de « faire taire les inquiétudes ». Avant cela, il avait pris à témoin tout le peuple camerounais en organisant des visites sur tous les sites de la CAN : le pays était prêt.

Ce mercredi 13 mai, Samuel Eto’o a vivement remercié un homme qu’il a présenté comme son grand frère. Cet homme, c’est Oswald Baboke, directeur adjoint du Cabinet civil. Un vrai paradoxe, car que ce soit André Onana ou Marc Brys, tous disaient explicitement avoir du soutien à la Présidence de la République dans leurs bras de fer avec Samuel Eto’o : André Onana au Qatar et Marc Brys à Luanda.

Le 11 juin 2024, alors que les Lions faisaient face aux difficultés managériales du staff conduit par le conseiller du ministre des Sports, Cyril Tollo, Marc Brys s’était vanté auprès d’un journaliste de tirer sa force de la Présidence.

En remerciant publiquement, et devant les caméras du monde entier, son grand frère Baboke, en service à la Présidence, il est clair que Samuel Eto’o lui renvoie l’ascenseur pour son soutien. Baboke est proche de la Première Dame, qui a été présente dans quasiment tous les grands événements de la FECAFOOT.

Ferdinand Ngoh Ngoh et Samuel Eto’o.

Qu’est-ce qui peut bien opposer ces deux personnalités qui ont en commun de bien servir les Camerounais aux côtés du président Paul Biya dans leurs fonctions respectives ? Le président Biya a offert au Cameroun des infrastructures sportives de classe internationale, ce qui lui a valu des félicitations et distinctions de la Confédération africaine de football.

Et pour l’accompagner, Samuel Eto’o redonne au football toute sa grandeur. La performance des Lions lors de la CAN Maroc 2026 en est une illustration : Eto’o a redonné envie aux jeunes de jouer au football. Rappelons que le sport fait partie des cinq piliers du développement d’un pays.

Surnommé l’homme des nationalisations parce qu’il rachète tout ce qui avait été vendu lors des ajustements, c’est avec Ngoh Ngoh au cockpit du Palais que le Cameroun a pris le contrôle de la plus grande banque du pays, la SGBC devenue General Bank of Cameroon. Il est au cœur de toutes les initiatives souveraines du Cameroun.

Aux origines de ce conflit : la succession du président Biya.

En plongeant au cœur de ce qui semble être un conflit entre deux personnalités clés du pays, une analyse froide permet de conclure que cette guerre tire ses origines de la bataille de succession au sommet de l’État.

Le SGPR est l’un des stratèges les plus loyaux du président Paul Biya. Ils auraient reçu plusieurs rapports des services de renseignement sur les ambitions présidentielles de Samuel Eto’o. D’où la décision, comme disait le professeur Aba Oyono, de ne pas lui donner le lait.

Ces soupçons ont obligé Eto’o, à plusieurs reprises, à faire des sorties pour réitérer son soutien sans faille au président de la République, jurant de ne jamais s’en détourner tant que ce dernier est au pouvoir.

Ces sorties suffisent-elles à rassurer les stratèges de la présidence ?

Depuis l'entrée de Samuel Eto'o au comité exécutif de la CAF, son entourage voit en lui un futur successeur à Patrice Motsepe. Bien que sa popularité au Cameroun en fasse un potentiel challenger à la succession du président Paul Biya, voire un faiseur de roi, cela compromettrait le plan de transfert du pouvoir en vue avec la création du poste de vice-président du Cameroun.

Et si Samuel Eto'o était la surprise du président Paul Biya à ce poste ?

Ne sommes-nous pas dans une bataille pour l’après-Biya ? L’avenir nous le dira.

Albin Michel Njilo