Dans tout système de pouvoir, il y a ceux qui bénéficient de la protection du patron — et qui perdent tout quand celle-ci ne suffit plus. Jeune Afrique, dans son enquête exclusive du 10 mai, identifie trois figures particulièrement éloquentes de cette mécanique dans le réseau de Ferdinand Ngoh Ngoh.
Simon Paley, nommé à la tête de Tradex (distributeur d'hydrocarbures), a bénéficié du soutien de Ngoh Ngoh dans sa bataille «face à la famille Moudiki» — les puissants patrons de la SNH. Jean-Paul Nana Sandjo, désigné patron de Camair-Co, a lui aussi été soutenu par le SGPR. Et Modeste Mopa Fatoing, placé au sommet de la Direction Générale des Impôts, avait été imposé «face au ministre Louis Paul Motaze».
Mais Jeune Afrique note avec une précision qui dit tout sur les limites du pouvoir de Ngoh Ngoh : «Tous ont fini par perdre leur poste.» Trois protégés, trois défaites. La protection du SGPR est puissante — mais elle n'est pas absolue. Elle se heurte à d'autres forces dans le système Biya — les ministres, les autres clans, les arbitrages présidentiels — qui peuvent la contourner ou la neutraliser. Et pourtant, «cela ne semble pas remettre en cause le lien qui unit Ngoh Ngoh à ses protégés». La fidélité, dans ce système, ne se mesure pas seulement aux victoires.









