C'est l'horreur absolu du côté d'Akonolinga, comme le raconte EsbiMedia dont l'explication des faits est relayée par notre rédaction. Le jeune citoyen a utilisé la machette pour faire du mal.
Ce qui ne devait être qu'une journée de recueillement et d'hommage à un défunt s'est transformée en une scène d'épouvante qui secoue aujourd'hui tout l'arrondissement d'Akonolinga.
Dans cette localité où les liens de voisinage sont d'ordinaire sacrés, un homme a perdu sa main, un autre sa liberté et deux villages frères ont vu leur sérénité voler en éclats. Tout commence dans l'atmosphère lourde d'un enterrement. Alors que les proches pleurent un disparu, une dispute éclate pour des motifs qui, au regard de la tragédie finale, paraissent dérisoires.
Le ton monte, les invectives fusent et les mots dépassent la pensée. Mais là où la sagesse des anciens aurait dû apaiser les cœurs et ramener la raison, la rage aveugle l'a emporté sur la retenue. Le nommé Mbolo, originaire du village Ngat, quitte les lieux précipitamment. On le croit parti pour calmer ses nerfs ou mettre fin à la confrontation ; il revient en réalité armé d'une machette, le regard assombri par une détermination funeste.
La suite est un cauchemar de fer et de sang. Julien, originaire de Nkolbondi, subit de plein fouet la fureur de son assaillant. Les coups pleuvent avec une violence inouïe. L'un d'eux, plus précis et plus sauvage que les autres, sectionne net la main de la victime, projetant l'assistance dans l'horreur absolue.
Aujourd'hui, Julien lutte pour sa survie à l’hôpital de Mégeume-si, marqué à vie dans sa chair et amputé de son intégrité physique, tandis que Mbolo dort en cellule, aux mains de la compagnie de gendarmerie d’Akonolinga, face à la rigueur de la loi. Derrière ce geste d'une sauvagerie qui défie l'entendement, les langues se délient et pointent du doigt une réalité sociale alarmante.
Ce n'est pas seulement un conflit d'hommes, c'est le symptôme d'un mal plus profond qui ronge la jeunesse locale : la consommation effrénée de stupéfiants. Les habitants dénoncent avec force le banga, cette drogue qui circule librement dans les campagnes, brisant les barrières morales et transformant les jeunes en bombes à retardement. Ce poison annihile la peur, le respect de l'aîné et le discernement, rendant le passage à l'acte d'une facilité déconcertante.
Ce drame ne peut rester une simple statistique judiciaire dans les registres de la gendarmerie. Il est le cri d'alarme de populations qui ne se sentent plus en sécurité, même lors des rites funéraires les plus solennels.
« On ne peut plus discuter, échanger ou même s'opposer verbalement sans craindre pour sa vie. Aujourd'hui c'est une main coupée, demain ce sera quoi ? », s'insurge un habitant sous le choc joint au téléphone par notre rédaction, traduisant le sentiment de vulnérabilité qui gagne la région.
Face à cette dérive, les populations lancent un appel aux autorités administratives et sécuritaires. Elles réclament une sécurisation accrue des zones rurales, une présence dissuasive pour prévenir les velléités de vendetta entre villages, et surtout une lutte sans merci contre les réseaux de trafic de drogue qui empoisonnent la jeunesse d'Akonolinga. Le vivre-ensemble entre Ngat et Nkolbondi est aujourd'hui balafré par une cicatrice profonde. Pour que la plaie ne s'infecte pas et ne mène pas à un cycle sans fin de représailles, la justice devra être exemplaire et rapide.









