Deux grands lieutenants de Paul Biya sont décédés au cours de ces dernières semaines. Marcel Niat Njifenji est parti premièrement, suivi par Djibril Cavayé Yeguié, respectivement ancien président du Sénat et patron incontesté de l'Assemblée nationale. Les deux hommes, de grands visages du parti au pouvoir (RDPC), ne lutteront plus jamais pour son maintien à la tête du pays.
À Yaoundé, là où vivent le président de la République et sa famille, le drame est visible sur les visages. Njifenji et Yeguié avaient des détracteurs certes, mais de la même façon, ils avaient des admirateurs, des proches, des amis, des collaborateurs qui les tenaient en très haute estime.
Leur mort enlève à Paul Biya et au parti une carte stratégique dans la manche. C'est un secret de polichinelle, que ce soit Njifenji ou Yeguié, les deux personnalités publiques ont aidé autant que faire se peut le régime à s'imposer pendant de longues années. Fait curieux, le RDPC avait trouvé et fait instaurer leur remplaçant à la tête des deux institutions avant que les sieurs ne rendent l'âme. Une situation qui laisse place à des suppositions et des supputations.
L'une d'elles vient du lanceur d'alerte N'zui Manto qui réfléchit à haute voix : « Marcel Niat Njifenji, remplacé à la tête du Sénat, meurt quelques semaines plus tard. Djibril Cavayé Yeguié, changé à la tête de l'Assemblée nationale, meurt quelques semaines plus tard. Est-ce que cela veut-il dire que lorsque le vice-président va arriver, le chef (Paul Biya, ndlr) va lui aussi mourir quelques semaines plus tard ? ». La question demeure entière.
Les situations de Njifenji et Yeguié se ressemblent trop pour être de simples coïncidences. Les deux grandes autorités du pays sont mortes en l'espace de quelques semaines après que leurs successeurs ont été trouvés. Des sources à la présidence confirment, à des mots à peine voilés, que tout le monde est déjà préparé au décès de Paul Biya. Par ailleurs, l'information liée à cette mort serait déjà préparée, ainsi que la stratégie de diffusion à suivre.
Il nous est revenu que le message ressemblerait à peu près à celui-ci : « Monsieur Paul Biya, président de la République du Cameroun, est décédé ce jour en Suisse (là où il se rend souvent pour se traiter, ndlr), des suites de maladie ». Parlant des caractéristiques de cette annonce, contrairement à ce qui avait été fait dans le cas du président d'Ahmadou Ahidjo, le gouvernement n'attendra pas des jours avant de publier cette brève dans la presse écrite qui sera suivi d'autres messages avec des hommages particuliers, un décret de deuil national.
Compte tenu de l'importance de Paul Biya dans la vie du parti et de la proximité qu'il a avec son futur successeur qui devrait être Franck Emmanuel Biya, son cas devrait être traité avec la plus grande concentration et exhaustivité, nous assurent les sources. Les mêmes qui font savoir que la récente visite du pape Léon XIV s'inscrit dans cette dynamique, celle qui consiste à ce qu'il donne sa bénédiction à Paul Biya, une des raisons officieuses cachées au peuple. Pour le moment, on n'en est pas encore là et tout ceci est tout sauf concret.









