En l'espace de quelques mois, le président Paul Biya a perdu trois de ses plus proches compagnons de route et amis politiques. Après Marcel Niat Njifenji, ancien président du Sénat, et Ayang Luc, ancien président du Conseil économique et social, c'est au tour de Cavaye Yeguie Djibril, ancien président de l'Assemblée nationale, de tirer sa révérence. Une série de disparitions qui fragilise un peu plus l'entourage du chef de l'État, déjà éprouvé par les tensions autour de la succession.
L'information : En moins d'un an, trois figures historiques du régime de Paul Biya ont quitté ce monde. Après Marcel Niat Njifenji (décédé le 11 avril 2026) et Ayang Luc (décédé le 31 décembre 2025), Cavaye Yeguie Djibril s'est éteint ce mercredi 6 mai 2026. Trois compagnons de longue date, trois barons du RDPC, trois hommes qui avaient voué leur vie au service du chef de l'État.
Un trio de fidèles parmi les fidèles : Marcel Niat Njifenji, grand chancelier des ordres nationaux et ancien président du Sénat, était considéré comme l'un des piliers de l'institution parlementaire. Ayang Luc, ancien ministre et président du Conseil économique et social, incarnait la voix de la société civile organisée. Cavaye Yeguie Djibril, recordman de longévité à la tête de l'Assemblée nationale (34 ans), symbolisait la stabilité et la continuité du régime. Leur disparition, en si peu de temps, laisse un vide immense dans l'entourage présidentiel.
Un coup dur pour Paul Biya : Ces trois hommes n'étaient pas seulement des collaborateurs. Ils étaient des amis, des confidents, des hommes qui avaient traversé avec Paul Biya toutes les crises et les remous politiques depuis plus de quatre décennies. Leur perte successive affaiblit le cercle rapproché du président, à un moment où l'équilibre des pouvoirs au sommet de l'État est plus que jamais fragilisé par la question de la succession.
Des obsèques officielles en série : Les trois personnalités ont eu droit ou auront droit à des obsèques officielles de la Nation. Un honneur solennel qui témoigne de l'importance qu'elles revêtaient aux yeux du chef de l'État. Mais ce sont désormais trois fauteuils vides dans les hautes sphères du pouvoir, trois voix qui ne s'élèveront plus pour soutenir le président.
Un entourage qui se réduit : À 93 ans, Paul Biya voit son cercle de fidèles historiques s'amenuiser de mois en mois. La génération des barons du RDPC, ceux qui ont construit et consolidé le régime depuis 1982, disparaît progressivement. Une situation qui pourrait avoir des répercussions sur l'équilibre des clans au sein du parti au pouvoir et sur les équilibres successoraux.
Réactions : Les hommages officiels se sont multipliés. Mais au-delà des discours, c'est la perte d'un pan entier de son histoire personnelle et politique que le chef de l'État doit affronter. Un coup dur, au moment où les défis pour le Cameroun restent immenses.









