Actualités of Monday, 4 May 2026

Source: www.camerounweb.com

Épervier : Samuel Éto’o et la FÉCAFOOT secoués par un gros scandale de surfacturation

La facture en question est établie par l'agence MARWAN & MEDI VOYAGES La facture en question est établie par l'agence MARWAN & MEDI VOYAGES

Un scandale de surfacturation massive de fonds secoue la FECAFOOT, et est illustré par une facture de billets d’avion où un trajet Yaoundé–Nairobi est facturé près de quatre fois son prix réel. Cette différence représenterait des millions de FCFA détournés, suggérant un système organisé de détournement de fonds à travers les dépenses logistiques des équipes nationales. Ces pratiques ne seraient pas isolées, mais répétées sur de nombreux déplacements depuis 2021, générant des sommes considérables. Ceci met en cause un réseau interne, qualifié de « cartel », qui contrôlerait ces opérations dans l’opacité, avec soit une complicité, soit une grave défaillance des dirigeants.

SURFACTURATION À LA FÉCAFOOT : LE SCANDALE DES BILLET D’AVION QUI FAIT TACHE

Il y a des chiffres qui ne mentent pas. Et celui-là, en particulier, mérite qu'on s'y arrête longuement.
Le 15 novembre 2023, une facture référencée N°109/MM/23 est émise à Yaoundé pour l'achat de billets d'avion dans le cadre du match des U20 Dames Cameroun contre Kenya, à Nairobi. Un document banal en apparence. Mais en y regardant de plus près, un chiffre saute aux yeux et glace le sang : le prix d'un billet en classe économique pour le trajet Yaoundé-Nairobi-Yaoundé y est facturé à la somme astronomique de 2 392 673 FCFA (4 272 Dollars américains/ 3 647 euros), même pour aller au Canada ou en Chine en classe économique par Air France, Brussels Airlines, Turkish Airlines Les prix en classe économique n'ont jamais atteint ce level Nyandom.
Oui. Vous avez bien lu.
Or, sur le marché réel, ce même billet ne dépasse jamais 600 000 FCFA, même en pleine haute saison. Comment expliquer qu'un tarif soit multiplié par près de quatre fois son prix normal, dès lors qu'il s'agit de la FECAFOOT ?

UNE FACTURE QUI POSE PLUS DE QUESTIONS QU’ELLE N’APPORT DE RÉPONSE

La facture en question est établie par l'agence MARWAN & MEDI VOYAGES, connue pour être un partenaire régulier de la FECAFOOT dans la gestion des billets d'avion des équipes nationales et des délégations officielles.
Mais à ce stade, une seule question brûle toutes les lèvres :
Qui empoche la différence ?
Qui valide ces montants ?
Car si l'on s'en tient uniquement à cet exemple :
●Prix réel estimé : 600 000 FCFA
●Prix facturé : 2 392 673 FCFA
- Surplus par billet : 1 800 000 FCFA
Multipliez ce surplus par des dizaines de passagers sur un même vol, et l'on parle de dizaines de millions de francs CFA, rié que sur ce voyage, il y'a plus de 68 millions de surfacturation, qui ont terminé leur course dans la poche de quelqu'un au sein du cartel de Tsinga et qui s'évaporent discrètement, sous couvert de logistique sportive. De l'argent qui devait servir nos Lions et nos Lionnes, volatilisé dans les méandres d'une comptabilité pour le moins douteuse.

Mais ce n'est là qu'un exemple parmi tant d'autres. Car il ne s'agit pas d'un incident isolé. Prenez la peine de multiplier ce mécanisme de surfacturation par le nombre total de déplacements effectués par l'ensemble de nos équipes nationales, toutes catégories confondues U17, U20, équipes A, sélections féminines toutes catégories depuis l'arrivée au pouvoir de l'actuel exécutif du cartel de Tsinga en décembre 2021 jusqu'à ce jour. Faites le calcul, simplement, honnêtement. Et la somme qui se dessine devant vous n'a plus rien d'anecdotique. Elle prend des proportions vertigineuses, scandaleuses, qui expliquent à elles seules pourquoi certains tiennent à ce que personne ne regarde de trop près dans les tiroirs de la FECAFOOT.
Et c'est précisément là que le masque tombe.

UN SYSTÈME BIEN HUILÉ ET UNE FAÇADE SAVAMMENT ENTRETENUE

Car pendant que ces flux financiers douteux s'organisent en toute discrétion, une communication soigneusement construite tente de faire croire à la vertu. On se targue publiquement de ne pas toucher à son salaire, on se drape dans les habits de monsieur propre, on pose en défenseur intègre du football camerounais. Belle posture. Sauf que lorsque l'on prend la peine de regarder au fond, une tout autre réalité apparaît.

À quoi bon renoncer ostensiblement à un salaire, si c'est pour se servir bien plus généreusement sur les marges de surfacturation des billets d'avion, des hôtels, des équipements et de tous les autres postes de dépenses qui échappent au regard du grand public ? Le renoncement au salaire n'est pas un acte de vertu. C’est une opération de communication, un rideau de fumée habilement dressé pour détourner l'attention de là où l'argent coule vraiment.

Peut-on sérieusement croire qu'un tel mécanisme de surfacturation puisse prospérer sans validation au sommet ?

Est-il raisonnablement concevable que de telles opérations se déroulent à l'insu du Président de la FECAFOOT ?

D'autant que ces transactions seraient pilotées par ses plus proches collaborateurs, au sein de ce que certains n'hésitent plus à appeler ouvertement le cartel de Tsinga un réseau décrit comme verrouillant hermétiquement les circuits financiers internes de l'institution, et au cœur de nombreuses décisions opaques qui échappent à tout contrôle sérieux.

Face à des éléments aussi accablants, deux hypothèses seulement se présentent :
●Soit les dirigeants ignorent ces pratiques, ce qui révélerait une défaillance gravissime de gouvernance au sein de l'institution.
●Soit ils en sont les auteurs et dans ce cas, la question prend une tout autre dimension, bien plus sombre.

Dans les deux cas, c'est le football camerounais qui paie le prix fort. Et c'est le contribuable qui finance le festin des autres.

Le football camerounais ne peut pas continuer à être géré comme la caisse noire d'un individu, fût-il une légende.

Chaque franc destiné à nos équipes nationales doit servir le sport, et non enrichir des réseaux dont la seule expertise semble être l'art de facturer le double, le triple, voire le quadruple de ce que les choses coûtent réellement.

Le football camerounais, c'est notre fierté. Pas leur fonds de commerce.

Shance Lion