Actualités of Sunday, 3 May 2026

Source: www.camerounweb.com

Calixthe Beyala fustige Issa Tchiroma Bakary — le face-à-face évité par Tchiroma sur Tiktok qui fragilise un leadership

Image illustrative Image illustrative

« Quand une femme de cette stature, de cette fidélité, de cet engagement, commence à parler de désillusion en public, ce n'est pas une crise passagère » : John Lawson décrypte la sortie de Calixthe Beyala. L'écrivaine, qui a porté la nomination de la porte-parole et poussé pour les consultations au Vatican, ne reconnaît plus l'homme qu'elle a soutenu. Tchiroma, lui, a évité le face-à-face. Une soirée qui pose une question centrale : « est-ce qu'on s'est trompé de cheval de bataille ? »




Cameroun : Calixthe Beyala fustige Issa Tchiroma Bakary — le face-à-face évité par Tchiroma sur Tiktok qui fragilise un leadership

Dans une analyse signée John Lawson, la sortie publique de Calixthe Beyala lors d’un live consacré à Issa Tchiroma Bakary agit comme un électrochoc politique : dénonçant l’inaction, l’exil et l’absence de structuration du combat, l’écrivaine met à nu les failles d’un leadership contesté. L’absence remarquée de Tchiroma au panel alors attendu, face à ces critiques frontales, renforce le doute et pose une question désormais centrale dans l’opinion : que reste-t-il de l’élan populaire 12 octobre ?

------------

🇨🇲BEYALA LÂCHE LE "PANNEAU", TCHIROMA LÂCHE LE PANEL : UNE SOIRÉE QUI RÉVÈLE TOUT

Ce soir, un live TikTok était organisé autour d'Issa Tchiroma Bakary. Le panel attendait. Les caméras étaient allumées. Et parmi les voix présentes, une que personne dans ce combat ne peut se permettre d'ignorer : Calixthe Beyala.

Calixthe Beyala n'est pas une observatrice extérieure. Elle n'est pas une commentatrice de salon qui découvre la politique camerounaise par écran interposé. C'est une femme qui a mis son nom, sa crédibilité littéraire internationale et son réseau au service d'un combat qu'elle a embrassé de la première heure.

Elle a soutenu Tchiroma quand beaucoup hésitaient encore. Elle a travaillé dans l'ombre, concrètement : c'est elle qui a porté la nomination de la porte-parole, c'est elle qui a poussé pour les consultations au Vatican, c'est elle qui a proposé la constitution d'un gouvernement ombre. Pas des discours. Des actes.

Ce soir, Beyala a parlé. Et ce qu'elle a dit mérite qu'on l'entende jusqu'au bout.

Elle a dit qu'elle ne reconnaissait plus l'homme qu'elle a soutenu. Elle a dit que l'inaction a un coût, que les morts camerounais méritent mieux que le silence d'un exil confortable en Gambie. Elle a posé la question que tout le monde évite : qu'est-ce qu'on fait, concrètement, de l'élan que ce peuple a donné le 12 octobre ? Elle a rappelé que De Gaulle, depuis Londres, ne se contentait pas d'exister. Il organisait, nommait, structurait, agissait. L'exil n'est pas une excuse. L'exil peut être une base de combat, à condition d'en avoir la volonté.

Calixthe Beyala ne dit pas que Tchiroma doit mourir pour son peuple. Elle dit qu'il doit travailler pour lui.

Ce n'est pas un procès d'intention. C'est un constat dressé par quelqu'un qui connaît le dossier de l'intérieur, qui a mis les mains dans le cambouis, et qui revient bredouille.

Quand une femme de cette stature, de cette fidélité, de cet engagement, commence à parler de désillusion en public, ce n'est pas une crise passagère. C'est un signal d'alarme que les partisans de Tchiroma devraient entendre avant que ce signal ne devienne un arrêt définitif.

Et Tchiroma, dans tout ça ?

Quand son tour est arrivé de monter sur le panel, il a trouvé un prétexte. Il n'est pas monté. Il ne voulait pas se retrouver face à Calixthe Beyala sur une plateforme publique. Pas de réponse aux questions sur le gouvernement ombre. Pas de bilan sur les nominations. Pas d'explication sur la Gambie. Rien.

Un homme qui se réclame d'un mandat populaire arraché dans le sang et qui esquive un panel de 300 personnes ne fuit pas une interlocutrice.

Il fuit la responsabilité que cette interlocutrice représente. Il fuit l'obligation de rendre compte. Il fuit la question fondamentale que des milliers de Camerounais portent depuis des mois : où êtes-vous, et que faites-vous de notre confiance ?

Calixthe Beyala a peut-être posé ce soir, sans le formuler ainsi, la question que nous posons ici depuis longtemps : est-ce qu'on s'est trompé de cheval de bataille ?

Ce n'est pas nous qui répondrons à sa place. Mais la dérobade de ce soir est, en elle-même, une réponse.

Par John Lawson – Décryptage politique Cameroun