Il avait du temps à rattraper et des comptes à régler. Simon Pierre Ombga Mbida, ancien Chef d'Antenne Protocolaire et Consulaire au Ministère des Relations Extérieures, a choisi le plateau de Vision4 dans l'émission Club d'Élites pour briser le silence sur sa suspension — et viser sans détour celui qu'il tient pour responsable de sa disgrâce : le ministre Lejeune Mbella Mbella.
Le ton est posé dès les premières secondes : «Ma suspension du poste de chef d'antenne protocolaire et consulaire est une honte pour la diplomatie camerounaise. Elle a heurté de nombreux Camerounais et s'est faite, je tiens à le préciser, à l'insu du chef de l'État.» Une déclaration en forme de bombe — affirmer publiquement que Paul Biya n'était pas au courant de la décision prise en son nom, c'est impliquer directement le ministre dans un acte qu'il aurait accompli en dehors de toute légitimité présidentielle. «J'ai été nommé par décret présidentiel, et pourtant j'ai été suspendu par une décision administrative émanant d'une personne qui n'avait ni la qualité ni la compétence pour le faire», martèle-t-il — soulignant l'irrégularité juridique fondamentale qu'il dénonce.
Mais c'est dans la deuxième partie de son intervention qu'Ombga Mbida lâche les mots les plus durs — et les plus directs — contre ce qu'il appelle sans hésiter un «énergumène» : «Ma suspension est un complot. Cet énergumène a toujours voulu me nuire. Il n'a jamais apprécié mes interventions pour commenter l'actualité internationale et cherchait depuis longtemps une occasion de passer à l'acte. Cette occasion s'est présentée, et il en a profité pour me frapper.» Jalousie, méchanceté, haine, faiblesse, peur — il épuise le vocabulaire de la bassesse pour qualifier les motivations de son adversaire. Et il révèle avoir délibérément renoncé à saisir le tribunal administratif — non par résignation, mais par calcul : «J'ai préféré leur laisser la responsabilité d'aller jusqu'au bout de leur démarche.» Une posture de qui laisse ses adversaires se compromettre seuls.
Au fond, ce que dit Ombga Mbida depuis le plateau de Vision4, c'est que la diplomatie camerounaise est parfois moins le théâtre des relations internationales que celui des règlements de comptes personnels. Et que lorsque la jalousie guide une suspension, c'est toute l'image du Cameroun qui en pâtit.









