L'affaire Baongla prend une autre tournure. L'avocat qui avait exigé les tests ADN se désolidarise publiquement. Un nouveau cabinet se constitue. Et Me Alice Nkom prend la défense de l'homme convoqué pour cybercriminalité.
En effet, le Cabinet Rufin Mayang a écrit le 30 avril au Lieutenant-Colonel chef du SCRJ pour préciser qu'il ne se reconnaît pas dans la correspondance qui circule sur les réseaux sociaux à son en-tête. L'avocat qui avait rédigé la lettre explosive du 27 avril — celle qui exigeait des tests ADN impliquant Paul Biya — se désolidarise de la procédure. Sous pression ou par calcul, il abandonne son client au moment précis où l'affaire monte en température.
Le même jour, Maîtres Alice Nkom et Hugues Arsène Medou se constituent. Ils demandent un report d'audition d'une semaine. Le SCRJ refuse par téléphone, un jour férié, le 1er mai. Me Nkom le relève dans un courrier daté du 4 mai : une réponse orale à une demande écrite, communiquée un jour non œuvré. Deux irrégularités procédurales supplémentaires, documentées noir sur blanc.
« L'entrée d'Alice Nkom dans ce dossier mérite qu'on s'y arrête. Ce n'est pas une avocate de droit commun. C'est une voix internationale des droits humains, primée par Amnesty International, par les instances panafricaines, par des institutions européennes. Quand elle se constitue dans une affaire camerounaise, les chancelleries étrangères — déjà notifiées par le communiqué du Parti Républicain — commencent à regarder de plus près.», confie John Lawson.
En face, un universitaire publie un texte qui traite Baongla de fuyard piteux, d'imposteur de mauvais goût et de lâche. Le point juridique sur la compétence des tribunaux civils pour les tests ADN est réel. Mais l'invective révèle une fébrilité que les arguments seuls n'expliqueraient pas.
Une affaire qui ne finit pas. Une défense qui se consolide. Et une avocate internationale qui vient de poser ses dossiers sur la table.
Révélations explosives : Gisèle, la vraie mère de Franck Biya vit discrètement en Europe
La guerre de succession à Paul Biya fait déjà rage au sein du sérail avec la convocation de de celui qui s’est autoproclamé fils aîné du président de la République. Certaines sources bien introduites au Palis d’Étoudi remettent en cause l’existence d’une plainte formelle déposée par Franck Emmanuel Olivier Biya contre Georges Gilbert Baongla, suggérant plutôt une manœuvre politique orchestrée au sommet de l’État. Parmi ces personnes figure Jean-Marc Soboth qui confie que les poursuites évoquées relèveraient davantage d’un règlement de comptes interne que d’une procédure judiciaire classique. Dans une analyse il critique le système politique camerounais dominé par Paul Biya, décrit comme opaque et marqué par des rivalités internes. Jean-Marc Soboth évoque également des éléments controversés liés à la vie privée du chef de l’État, notamment autour de la filiation supposée de certains individus, dont Baongla et Franck Biya. En s’appuyant sur des récits et témoignages, il soutient que ces questions de filiation sont connues dans certains cercles, mais volontairement entretenues dans le flou, ce qui servirait les intérêts du pouvoir en place en détournant l’attention de l’opinion publique. Jean-Marc Soboth présente l’affaire Baongla comme révélatrice de tensions politiques internes et d’un système où rumeurs, manipulations et luttes d’influence coexistent au sommet de l’État.
PAUL BIYA : UNE ODYSSÉE DE COUREUR DE JUPONS À LA RETRAITE?
On n’a aucune preuve que Franck Emmanuel Olivier Biya a déposé plainte au Secrétariat à la Défense (SED) pour des faits de « diffamation et cybercriminalité » contre Georges Gilbert Baongla — à qui on a accessoirement accolé une parenté avec un personnage qui, manifestement, avait épousé plus tard sa mère, feue Ngo Baongla.
La convocation du SED ne mentionne aucun plaignant. Ceci pourrait suggérer l’hypothèse d’une auto-saisine opportuniste pour faire plaisir à Franck Biya, futur patron exécutif présomptif du système Biya.
L’idée de punir M. Baongla n’est donc pas basée sur une plainte. Elle procèderait, semble-t-il, d’une machination politique du tandem Ngoh Ngoh-Galax Etoga. Elle va tout au plus créer plus de déballage. C’est l’éclaboussure supplémentaire dans la galaxie présidentielle que recherchent les malins et autres seconds couteaux comme Jean-de-Dieu Momo.
L’activisme judiciaire anti-Baongla n’est du reste pas la preuve que ce dernier n’est pas le fils du chef de l’État, M. Paul Biya. C’est sans doute une preuve d’ignorance. Preuve que couve une nuit de longs couteaux tatillonne au sommet de l’État.
Tout peut arriver sous M. Biya qui vit dans une sorte d’îlot. Il vit seul, avec aidants et éléments de son armée personnelle. C’est un homme sans état d’âme. Il est cynique et retors.
On s’en souvient, il avait déjà laissé un de ses frères cadets purger une peine de prison pour des faits délictueux de droit commun.
On se souvient également de l’homme chez lequel M. Paul Biya est réputé avoir demandé la main de Chantal Biya, l’ancien directeur des télécommunications feu Dieudonné Angoula. Il avait été condamné à 15 ans de prison pour détournement de deniers publics. Avec l’aval de M. Biya.
Le patriarche Yezoum est décédé à la prison principale de Kondengui — en décembre 2009.
M. Biya demanderait très souvent des nouvelles de ses prisonniers, s’assurant qu’ils subissent vraiment leur punition.
Le paradigme Dieudonné Angoula est d’autant symbolique que chacun doit se souvenir que M. Biya n’est pas Bulu. Il est neveu de Bulu. Seule sa mère Anastaie Eyinga Elle était Bulu. Son père Étienne Mvondo Assam était un catéchiste Yezoum qui a émigré en terroir bulu où il a épousé une fille Bulu. Biya qui ne s’exprime jamais en Bulu même lorsqu’il est à Mvomeka’a — il parle à tous en français exclusivement — est un frère Yezoum.
M. Biya a écopé d’un patronyme de circonstance (Biya’a) chez un ami de la famille. Lorsqu’on parle tant de clan Nanga-Eboko dans les médias, il faudrait toujours s’en souvenir : Paul Biya est lui-même le chef du fameux « clan Nanga »…
Je répète : Biya n’est pas Bulu mais Yezoum — sa famille de sa femme Chantal Biya est quant à elle Yebekanga de la même Haute-Sanaga. Biya n’est pas son nom de naissance…
M. Georges Gilbert Baongla a quant à lui grandi dans la famille Biya avec le statut de fils de son grand-frère Benoit Assam Mvondo — décédé en septembre 2012. Il se dit que M. Paul Biya l’y a discrètement placé pour le soustraire, entre autres, de la vigilance de son patron Ahmadou Ahidjo très regardant à l’égard de ses collaborateurs sur les questions de mœurs.
Seul le précédent Franck Emmanuel, porté à son attention, avait manifestement obtenu son assentiment.
Des sources affirment que le rigoriste Ahidjo savait bien que M. Biya était un coureur de jupons en plus de sa radinerie.
Ses collègues s’en plaignaient. Et c’est Ahidjo qui calmait le jeu. On savait qu’il avait une prédilection pour les métisses — il n’en excluait pas, semble-t-il, certaines épouses métisses de ses propres amis.
Baongla a ainsi vécu dans la famille Biya dont il s’est vite démarqué par sa vie de flambeur, de fripon notoire et d’homme à femmes. On l’avait souvent vu, en grosse moto, en charmante compagnie avec, entre autres, la métisse libanaise Élise Azar, fille du Maronite Sabeh Azar Najib, propriétaire du restaurant Le Marseillais et neveu de l’ancêtre Hajal Massad. Cette vie de crâneur lui a valu des séjours en garde à vue et en prison.
Feue Élise Azar est, comme chacun le sait, la future épouse Bonaventure Mvondo Assam (Bonivan) et, surtout, ex-amie intime à une certaine Chantal Vigouroux, la métisse française que le réseau avait amenée dans l’entourage du grand Sioux de Mvomeka’a. C’est dire que Baongla a connu de très près la First Lady avant son père.
Lorsqu’il était plus jeune, Jeanne-Irène Biya aurait demandé à son époux de reconnaître cet enfant qu’elle appelait son « petit mari » parce qu’il était beau et ressemblait à M. Biya.
En tout état de cause, le silence autour de la filiation de Baongla ne se pose pas comme on le voit dans les réseaux sociaux. On n’en parle pas. Nul n’en doute. On connaît « l’animal », sa loyauté relative, sa roublardise et son rapport à la gent féminine.
L’épouse du frère aîné de M. Biya, feue Madame Assam Mvondo, avait adopté cet enfant. Dans la famille, elle aurait plaidé quasiment toute sa vie pour la reconnaissance à l’état civil de Baongla qu’elle a élevé et aimé comme le sien. Elle en avait une sorte de relation fusionnelle.
L’affaire Baongla n’est donc un secret pour personne dans la famille Biya. Non seulement Madame Assam Mvondo dormait, dit-on, avec une photo de Baongla à son chevet mais on avait finalement dû l’enterrer en introduisant une photo de son fils Baongla dans son cercueil. C’est une information vérifiée.
En ce qui concerne Franck Emmanuel Biya, il est né des œuvres de M. Biya avec la nièce métisse de son épouse Jeanne-Irène Biya nommée Gisèle — laquelle a épousé plus tard un grand journaliste et un certain Temgoua en France. Une affaire de « sous-marin » caractéristique de la mentalité conjugale de l’ancien séminariste et homme de Louis-Paul Aujoulat. On ne sait jamais à quel moment il a « frappé ».
Il suffit d’imaginer l’ambiance au Palais lorsque Jeanne Irène apprit que son mari « jonglait » avec sa fille, fille de sa propre sœur aînée.
Heureusement, la bonne Bantoue, armée de sa générosité, avait vite pris sur elle de façon exclusive l’éducation de Franck Biya. Elle s’est avérée intraitable de rigueur et de correction envers son « fils ». C’était le Vogtois discret sous la haute surveillance de l’évêque Jean Zoa qui passait ses vacances dans le nord Cameroun et en Europe.
Selon une source dans la famille, Franck Biya n’a su que Jeanne-Irène n’était pas sa vraie mère qu’à son décès en juillet 1992. Il n’avait alors que 21 ans.
Aujourd’hui, la vraie mère de Franck, Gisèle, est plusieurs fois divorcée. Elle vit discrètement en Europe. Une vie ponctuée de séjours au Cameroun. Il semble que M. Biya n’avait jamais arrêté de fréquenter en secret la belle métisse.
L’idée que Franck Biya n’est qu’un fils adoptif est donc elle aussi fausse. Aussi fausse que celle selon laquelle Baongla serait le fils d’un homme qui a épousé plus tard sa mère.
M. Biya aurait eu plusieurs autres enfants — y compris dans certains foyers? — qui seront sans doute révélés à son décès, raconte-t-on.
Tout ce flou arrange évidemment l’homme à qui tout ce brouhaha profite : M. Paul Biya. Il a besoin du maximum de diversion pour se faire oublier et assurer des passages en force de ses réformes inconstitutionnelles.
J.-M.S.









