Actualités of Tuesday, 28 April 2026

Source: www.camerounweb.com

Visite papale : Jeune Afrique révèle les faux fidèles gabonais, les hôtels de luxe et les ramifications jusqu'à Mvondo Ayolo

Image illustrative Image illustrative

Parmi toutes les révélations de l'enquête exclusive que Jeune Afrique publie ce 28 avril sur les dessous de la visite du Pape Léon XIV au Cameroun, il en est une qui dépasse par son cynisme toutes les autres. Pendant que le Souverain Pontife prêchait la sincérité, la fraternité et la responsabilité publique, des faux fidèles étrangers rémunérés étaient installés dans des hôtels de luxe à Yaoundé — sur fonds publics — pour donner à l'événement une dimension internationale qu'il n'avait pas réellement. Et les fils de cette machination remonteraient, selon Jeune Afrique, jusqu'au directeur du Cabinet Civil de Paul Biya, Samuel Mvondo Ayolo.

Des «fidèles gabonais» qui n'avaient jamais quitté le Cameroun
La révélation est d'une audace qui confine à l'indécence. Selon les informations exclusives de Jeune Afrique, «des groupes présentés comme des délégations de fidèles venus du Gabon ont en réalité été constitués avec des personnes recrutées localement au Cameroun». L'objectif de cette mise en scène ? «Donner, en rémunérant de faux fidèles étrangers, une plus grande portée internationale à l'événement.»

Ces personnes recrutées localement pour jouer le rôle de délégations étrangères ont été logées — toujours selon Jeune Afrique — à l'hôtel Hilton ou au Mont Fébé à Yaoundé, «sur fonds publics». Des nuitées dans deux des établissements hôteliers les plus luxueux de la capitale, financées par le contribuable camerounais, pour des figurants recrutés pour l'occasion. Le tout orchestré, rapporte le journal, par «d'anciens diplomates sans fonction officielle» — ces retraités de la carrière diplomatique qui conservent leurs réseaux mais n'ont plus de mandat officiel, et qui peuvent donc agir sans laisser de traces institutionnelles.


La révélation la plus politiquement explosive de Jeune Afrique concerne la chaîne de responsabilité dans cette organisation. Selon le journal, «les ramifications remonteraient jusqu'à Samuel Mvondo Ayolo», directeur du Cabinet Civil de Paul Biya. Un homme qui, rappelons-le, était «directement impliqué dans l'organisation de la visite pontificale à Yaoundé, à Bamenda et à Douala» — c'est lui qui avait signé le communiqué de presse annonçant la chanson commémorative dédiée au Pape, lui qui avait officièrement géré les ajustements logistiques comme la délocalisation de la rencontre avec les autorités du Palais des Congrès au Palais de l'Unité.


Que son nom apparaisse désormais dans une affaire de fausses délégations étrangères financées sur fonds publics est une information d'une gravité considérable. Le Cabinet Civil, structure la plus proche du Chef de l'État, serait ainsi au cœur d'une opération de mise en scène internationale dont le coût est inconnu — mais qui vient s'ajouter à la facture globale déjà vertigineuse de 50 milliards de FCFA révélée par Jeune Afrique.



Jeune Afrique note avec une ironie froide et précise que tout cela s'est produit pendant la visite d'un Pape qui appelait les responsables publics camerounais à «briser les chaînes de la corruption» et à un «examen de conscience» sur leur gestion du bien commun. Des paroles prononcées pendant que, dans les coulisses de ce même événement, des fonds publics finançaient des faux fidèles dans des hôtels de luxe, de l'or fiscal servait à fabriquer des cadeaux présidentiels dont la destination réelle fait l'objet d'un audit interne, et des marchés publics de réhabilitation routière restaient inachevés malgré des centaines de millions déboursés.

Le paradoxe est total. Et il dit quelque chose d'essentiel sur un système qui sait parfaitement accueillir les discours sur la bonne gouvernance — tout en perpétuant, dans les mêmes heures et dans les mêmes lieux, les pratiques que ces discours condamnent.