Suite aux affrontements entre des combattants sécessionnistes d’Ambazonie et les éléments du Bataillon d’intervention rapide (BIR) le samedi 26 avril à Jakiri ayanyt fait près d’une quinzaine de morts dont des civils, le leader sécessionnistes Cho Ayaba dénonce, depuis son lieu de détention en Suède, la situation dramatique dans les zones anglophones du Cameroun. Il accuse la communauté internationale de silence et d’inaction face au conflit. Malgré son emprisonnement, il affirme rester engagé et appelle les Ambazoniens à garder espoir, à rester unis et déterminés dans leur lutte. Il insiste sur la résilience du peuple et sur la nécessité de poursuivre le combat pour la justice. Il interpelle les acteurs internationaux, les avertissant que leur attitude actuelle sera jugée par l’histoire.
Mes chers compatriotes d’Ambazonie,
Mes frères et sœurs à travers l’Afrique et le monde,
Je vous parle aujourd’hui non pas depuis la liberté, mais depuis un lieu de détention. Pourtant, même ici, ma voix ne peut être réduite au silence — car elle porte la douleur, la vérité et l’esprit indomptable d’un peuple qui refuse de disparaître.
Il y a seulement quelques jours à Jakiri, plus de 15 civils innocents ont perdu la vie. Des mères, des pères, des enfants — des vies brisées non pas par le destin, mais par la cruauté d’un conflit que le monde refuse d’affronter. Leur seul tort a été d’exister sur une terre qui réclame justice.
Et pourtant… le monde reste silencieux.
Où sont les voix de la communauté internationale ?
Où sont les défenseurs des droits humains ?
Où sont les institutions qui prétendent défendre la justice ?
À l’élite mondiale, aux dirigeants religieux, aux tribunaux internationaux : le silence face à la souffrance n’est pas de la neutralité — c’est de la complicité.
Mais je veux être clair avec mon peuple :
Nous ne sommes pas définis par notre douleur — nous sommes définis par notre résilience.
Même en détention, mon esprit est avec vous.
Même enchaîné, ma conviction reste intacte.
À chaque Ambazonien qui regarde ceci : ne perdez pas espoir. Ne perdez pas votre cap. La force d’un peuple ne se mesure pas à la violence qu’il subit, mais à sa capacité à rester debout après chaque épreuve.
Que notre lutte soit guidée par un objectif, par l’unité et par la conviction inébranlable que la justice — même tardive — finira par triompher.
À la communauté internationale, je dis ceci : l’histoire vous observe. Les choix que vous faites aujourd’hui définiront votre héritage de demain.
Et à mon peuple : restez forts, restez unis, et n’oubliez jamais — notre histoire n’est pas terminée.
Dr Cho Ayaba
Leader de la lutte pour la libération de l’Ambazonie.









