Actualités of Monday, 27 April 2026

Source: www.camerounweb.com

AFFAIRE AIGLES : Soupçons de magouilles autour d'un paiement de 1,4 milliard FCFA au MINFOPRA

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Une affaire de faux et d'usage de faux aux proportions vertigineuses secoue en ce moment le Ministère de la Fonction Publique et de la Réforme Administrative (MINFOPRA). Au cœur du scandale : un marché attribué à la société SIMAC dans le cadre du projet AIGLES, un paiement de 1 milliard 400 millions de FCFA approuvé sur la base d'un décompte présumé frauduleux, et des manœuvres désespérées pour masquer des irrégularités fiscales compromettantes.


Tout commence en janvier 2026, lorsque la dénonciation d'un faux enregistrement du marché AIGLES de la société SIMAC auprès des services des impôts éclate dans les couloirs du ministère. Face à ce risque d'exposition, le Directeur des Affaires Générales du MINFOPRA, Alexis Arsène Mbalabouom, aurait alors pris une décision aux conséquences juridiques potentiellement graves : demander aux fonctionnaires de la Direction Générale des Impôts (DGI) de produire une quittance antidatée et «authentifiable au système DGI», pour simuler après coup un enregistrement régulier du contrat. Une tentative de maquillage fiscal dont la maladresse n'aurait pas tardé à trahir ses auteurs : le numéro de quittance et le montant des droits d'enregistrement figurant sur ce document ne correspondaient pas aux mentions portées sur le contrat lui-même. La falsification était lisible à l'œil nu pour qui savait regarder.
Mais l'affaire prend une tout autre dimension avec la révélation du sort du décompte qui s'ensuivit. Un faux décompte de 1 400 000 000 FCFA aurait été approuvé et transmis par le ministre de la Fonction Publique Joseph Le au ministre des Finances Louis Paul Motaze pour paiement — avant que l'affaire n'explose. Les proches du ministre Joseph Le s'empressent de préciser qu'il «n'était pas au courant de ce qui se passait» — laissant entendre que la manœuvre aurait été conduite à son insu, au niveau de sa direction générale. Une défense classique qui, si elle soulage politiquement le ministre, n'en soulève pas moins des questions sérieuses sur le contrôle interne dans son département. Car signer un décompte de 1,4 milliard de FCFA sans en vérifier la régularité constitue, au minimum, une faute de gestion d'une gravité rare.


Cette affaire intervient dans un contexte où la lutte contre la corruption dans les marchés publics camerounais fait l'objet d'une attention croissante — notamment depuis la promulgation du nouvel article 66 de la Constitution imposant la déclaration de biens à l'ensemble de la chaîne des responsables publics. Elle illustre une fois de plus comment des marchés fictifs ou irrégulièrement enregistrés peuvent prospérer à l'abri des contrôles institutionnels — jusqu'au jour où une dénonciation fait sauter le couvercle.