La récente révision constitutionnelle intervenue au Cameroun a fait ressusciter le poste de vice-présidence, qui est de facto le dauphin constitutionnel du président de la République en cas de vacance de pouvoir. Parmi les prétendants à ce poste figure Franck Biya, fils aîné du président de la République, Paul Biya. Mais la fonction de Vice-Président au Cameroun a existé uniquement entre 1961 et 1972, durant la période fédérale instaurée après la réunification du pays. Elle visait à garantir un équilibre politique et linguistique entre les parties francophone et anglophone. La fonction a été supprimée en 1972 avec la fin du système fédéral et l’instauration d’un État unitaire. Depuis, elle n’existe plus, et en cas de vacance du pouvoir, c’est le président du Sénat qui assure l’intérim. Ainsi, la Vice-Présidence apparaît comme une institution temporaire liée au contexte de la réunification et abandonnée avec l’unification du Cameroun.
L’Histoire de la Vice-Présidence au Cameroun.
La fonction de Vice-Président de la République n’a existé au Cameroun que durant la période fédérale, de 1961 à 1972. Elle répondait à un impératif d’équilibre politique et linguistique entre les deux États fédérés.
1. Création et contexte : 1961
La Constitution du 1er septembre 1961 instaure la République fédérale du Cameroun, née de la réunification du Cameroun oriental francophone et du Southern Cameroons anglophone. Pour préserver l’unité dans la dualité, le texte prévoit un Président de la République et un Vice-Président. Selon la convention tacite, si le Président était francophone, le Vice-Président devait être anglophone.
2. Les deux titulaires
Le premier fut John Ngu Foncha, originaire du Cameroun occidental anglophone. Ancien Premier Ministre du Southern Cameroons et artisan de la réunification, il occupa la fonction de 1961 à 1970.
Il fut remplacé en 1970 par Salomon Tandeng Muna, également originaire du Cameroun occidental. Juriste et ancien Premier Ministre de l’État fédéré du Cameroun occidental, il exerça la charge jusqu’en 1972. Tous deux furent les collaborateurs directs du Président Ahmadou Ahidjo.
3. Suppression : 1972
Le 20 mai 1972, le référendum constitutionnel met fin à la Fédération et proclame la République unie du Cameroun. La nouvelle Constitution unitaire supprime le poste de Vice-Président. Le régime devient présidentiel classique avec un Premier Ministre nommé par le chef de l’État.
4. Depuis 1972
La fonction de Vice-Président n’existe plus dans l’ordonnancement institutionnel camerounais. En cas de vacance de la Présidence, c’est le Président du Sénat qui assure l’intérim, conformément à l’article 6 de la Constitution de 1996.
En somme, la Vice-Présidence fut une institution transitoire, symbole de l’architecture fédérale et de l’équilibre biculturel des années 1960. Elle disparaît avec l’unification, laissant place à un exécutif monocéphale renforcé.
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