Actualités of Thursday, 23 April 2026

Source: www.camerounweb.com

Ce précieux secret de Mobutu qui maintient Paul Biya en vie jusqu'à ce jour

Arme secrète Arme secrète

Une arme secrète existe pour Paul Biya. « C’est votre histoire, vous devez la connaitre », avance le lanceur d’alerte Boris Bertolt qui dévoile tout. Le président de la République peut remercier Mobutu pour lui avoir laissé ce secret si précieux.

Dans l’après-midi du 18 avril 2013, arrive à Maroua par avion à bord d’un MA 60, le secrétaire général de la présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh. Il est habillé d’un blouson jean, basket, casquette large bord accompagné d’un individu présenté comme fonctionnaire de la présidence de la République.

Ce dernier est porteur d’une mallette contenant une importante somme d’argent destinée aux négociations pour la libération des otages français kidnappés le 19 février 2013 dans l’Extrême-Nord du pays : les sept membres de la famille Moulin-Fournier officiellement enlevés par les membres de la secte islamiste Boko Haram.

À l’arrivée, un homme récupère la mallette. Il s’agit d’un contractant israélien figurant parmi les principaux responsables du Bataillon d’intervention rapide (BIR), unité d’élite de l’armée camerounaise.

Tandis que Ferdinand Ngoh Ngoh prend une suite à l’hôtel Sahel de Maroua, le contractant israélien et des officiers du BIR commencent à préparer l’opération clandestine qui doit permettre d’obtenir la libération des otages français. À 23h, départ de Maroua pour Kolofata. À deux heures du matin, un gros véhicule venant du Nigéria entre dans le domicile d’un ancien député qui servait d’intermédiaire entre les ravisseurs et les autorités camerounaises.

Une cinquantaine d’otages de Boko Haram sont dans un premier temps échangés contre la libération d’un des fils Moulin. Le reste de l’échange va se dérouler au Nigéria où l’argent est remis aux ravisseurs qui relâchent leurs otages. Le même jour, le gouvernement camerounais annonce la libération des otages français. Une opération directement placée sous la supervision du BIR.

À Yaoundé, Paul Biya se réjouit et montre à Paris qu’il reste un allié et un atout sur plusieurs dossiers. Cette fois-ci, c’est une unité d’élite dont il a lui-même autorisé la création et le financement d’abord pour sa sécurité personnelle qui lui permet de donner des gages à Paris dans un contexte de refroidissement des relations diplomatiques entre les deux capitales depuis l’arrivée de François Hollande au pouvoir en 2012.

Pour comprendre cet état d’esprit du chef de l’État camerounais, il faut remonter à 1982 avec l’arrivée de Paul Biya au pouvoir. Sa sécurité est assurée par la garde républicaine. Créée par son prédécesseur, Ahmadou Ahidjo, Paul Biya s’en méfie, car majoritairement constituée des ressortissants du grand-nord dont est originaire Ahidjo. Mais, Paul Biya n’aura pas le temps de la reformer lorsqu’intervient le coup d’État manqué du 6 avril 1984. À la suite de ces évènements, l’homme originaire de Mvomeka’a dans le Sud-Cameroun pense à reformer sa sécurité, mais il suspecte également les Français d’avoir laissé faire. Les accusant de garder des liens étroits avec son prédécesseur.

Paul Biya exprime ses craintes à son voisin Mobutu Sese Seko, président du Zaïre (aujourd’hui RDC). Mobutu voit en Paul Biya son reflet au moment de son accession au pouvoir en 1965. Il était aussi jeune que le président camerounais. Les deux hommes entretiendront d’ailleurs une relation très étroite jusqu’à la fuite à l’étranger de Mobutu le 7 septembre 1997 avec l’entrée dans la capitale Kinshasa des troupes de Laurent Désiré Kabila. L’ex-président Zaïrois conseille dans un premier temps à son homologue camerounais d’éviter la France pour ses problèmes de santé afin d’échapper à « un coup d’État médical ».

De ne s’y rendre principalement qu’en cas de voyages officiels ou missions privées. C’est Mobutu qui montre à Paul Biya le chemin de la Suisse en lui ouvrant d’ailleurs une bonne partie de son réseau et carnet d’adresse. La Suisse, un pays que Paul Biya n’a plus jamais quitté. Pour la sécurité de Paul Biya, l’ancien président du Zaïre va recommander un homme en qui il a pleinement confiance. Un juif nommé Meir Meyuhas alias Meyer.