Actualités of Tuesday, 21 April 2026

Source: www.camerounweb.com

Bruno François Bidjang frappe très fort, la justice face à ses responsabilités

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Liberté d'expression ou cyberharcèlement ? Bruno François Bidjang pose les bonnes questions dans l'affaire Steven Nbienou / Aïcha Kamoise. Selon lui, la blogueuse n'a pas simplement critiqué un entrepreneur : elle a « méthodiquement ciblé sa vie privée, son épouse, sa famille ». Conséquence : sa mère a fait un AVC et est aujourd'hui paralysée. L'auteur soutient la démarche de Steven Nbienou – qui ne demande que l'arrêt des attaques – et appelle la justice à trancher. « Personne n'est au-dessus de la loi. »




Affaire Steven Nbienou/ Aïcha Kamoise: quand les mots tuent, la justice doit parler

Par Bruno François Bidjang

Il est des affaires qui dépassent les querelles de réseaux sociaux. L'affaire qui oppose Steven Nbienou à la blogueuse Aïcha Kamoise en est une. Derrière les vidéos virales, les commentaires enflammés et les prises de position à chaud, se cache une réalité humaine grave, douloureuse, et trop souvent ignorée : celle d'une famille détruite par la violence numérique.

Une campagne de harcèlement, pas une simple critique

Depuis des mois, Steven Nbienou, entrepreneur camerounais et fondateur de #Nbiko_Tv , est la cible d'une série de contenus publiés par Aïcha Kamoise sur ses réseaux sociaux. Ces publications, regardées par des milliers d'internautes, n'ont pas seulement attaqué son image professionnelle. Elles ont méthodiquement ciblé sa vie privée, son épouse qui a fait deux fausses couches du fait de cet harcèlement , sa famille. Ce n'est pas de la liberté d'expression. C'est du cyberharcèlement. La distinction est fondamentale. Critiquer le travail d'un entrepreneur est légitime. Cibler sa réputation personnelle, celle de son épouse, s'acharner semaine après semaine avec l'unique objectif de nuire c'est une infraction. Le droit camerounais le reconnaît. Et il était temps que la justice soit saisie.

IUne mère paralysée : le prix humain de la haine en ligne

Ce que peu de gens savent ou ne veulent pas savoir c'est que cette affaire a un autre visage. Celui d'une mère. La mère de Steven Nbienou, femme âgée, a regardé ces vidéos dans lesquelles son fils était attaqué, humilié, sali publiquement. Le choc a été brutal. Elle a été victime d'un accident vasculaire cérébral (AVC). Aujourd'hui, elle est paralysée. Ce lien de causalité a été médicalement établi. Ce n'est pas une supposition, ce n'est pas une tentative d'émouvoir le public, c'est un fait médical documenté. Une femme a perdu l'usage de son corps parce que des mots diffusés derrière un écran ont déclenché une catastrophe physiologique. Qui ose encore dire que le cyberharcèlement n'est qu'un problème virtuel ?

Steven Nbienou : un homme qui cherche la paix, pas la vengeance

Face à tant de souffrance, Steven Nbienou aurait pu exiger le maximum, mais ne l'a pas fait. Ses conditions pour retirer ses plaintes déposées au Cameroun et en France sont simples et dignes : l'arrêt définitif des contenus d’Aicha Kamoise le visant, la suppression des vidéos publiées, et la formalisation de ces engagements par écrit. Aucune demande d'excuses publiques humiliantes. Aucune revanche médiatique. C'est la démarche d'un homme responsable, qui souhaite que sa famille puisse retrouver la paix. C'est aussi la démarche d'un homme qui croit en la loi et qui a raison d'y croire.

Un enjeu de société pour le Cameroun numérique

L'affaire Nbienou n'est pas un fait divers. Elle est le révélateur d'une crise profonde dans l'espace numérique camerounais. Des influenceurs ont construit leur audience sur la destruction de la réputation des autres. Ils ont prospéré sur la douleur d'individus réels. Et pendant longtemps, personne ne les a arrêtés. La liberté d'expression est un droit fondamental. Mais elle a des limites que la loi fixe clairement : la dignité humaine, la protection de la vie privée, la réputation. Ces limites ne sont pas des obstacles à la liberté, elles en sont les garantes.
Si cette affaire fait jurisprudence et elle le devrait, elle enverra un message clair à tous ceux qui pensent que l'anonymat ou la popularité sur les réseaux sociaux les protège de toute responsabilité : personne n'est au-dessus de la loi.

Soutenir Steven Nbienou aujourd'hui, ce n'est pas prendre parti dans une guerre de réseaux sociaux. C'est défendre le droit de chaque Camerounais à vivre, travailler et construire sa famille sans être détruit par des mots diffusés derrière un écran. Une mère est paralysée, une famille est brisée et la justice est saisie. Il est temps que le Cameroun numérique grandisse!