Le 16 avril 2026, au 2e jour de sa visite apostolique au Cameroun, le Souverain pontife était à Bamenda, chef-lieu de la région du Nord-ouest, en proie depuis 10 ans à un conflit entre le pouvoir central et les séparatistes. Il y a participé à une rencontre pour la paix avec des messages forts. Reçu par le président de la République, Paul Biya, la veille à son arrivée à Yaoundé, le Saint Père a appelé à un examen de conscience et à briser les chaînes de la corruption. Il a surtout exhorté à la paix et dénoncé ceux qui provoquent des souffrances. S’adressant ensuite à la communauté de Bamenda à la cathédrale Saint-Joseph de Mankon où étaient conviés pour cette rencontre, les représentants de toutes les religions (catholiques, protestants, évangéliques, musulmans et chefs traditionnels), le Pape Léon XIV a appelé à la paix et a fustigé « une spirale de déstabilisation et de mort ».
Une religieuse, qui parcourt la région, et un jeune, qui a vu plusieurs de ses proches tués ici, dans la zone anglophone du NordOuest, ont témoigné devant le pape : « Il y a trop d’insécurité à Bamenda. Quand vous partez de chez vous, vous ne savez jamais ce qui peut se passer, à tout moment. C’est l’incertitude à tous les coins de rue. N’importe quoi peut vous arriver. Parfois, ce sont des explosifs. On entend le bruit des explosions. Parfois, ce sont des arrestations, ou bien des tirs… Il y a beaucoup d’insécurité ici. Ça m’est arrivé à moi. Le 14 novembre 2024, mon mari a été enlevé par des hommes armés non-identifiés, il a été emmené dans le bush pendant 4 jours, on a dû payer une rançon pour sa libération. Il a été sévèrement battu, il a eu deux doigts coupés qui ont été amputés. Nous avons dû quitter Batibo pour venir à Bamenda. Donc, on espère que la venue du pape, ici, à Bamenda, que sa présence et celle de l’Esprit Saint vont toucher les autorités de notre pays pour qu’elles fassent quelque chose ».
Puis, dans son message, ce dernier a été acclamé lorsqu'il a dit : « Heureux les artisans de paix. Malheur en revanche à ceux qui détournent les religions et le nom même de Dieu à leurs propres fins ». Une allusion aux incursions du groupe jihadiste Boko Haram dans les régions septentrionales.
À propos du conflit dans les régions Nord-Ouest et Sud-Ouest, Léon XIV a fustigé ceux qui provoquent les souffrances : « Les seigneurs de la guerre font semblant de l'ignorer, mais il suffit d'un instant pour détruire, alors qu'une vie entière ne suffit pas souvent pour reconstruire ».
L'aéroport de Bamenda a ensuite servi de cadre à la messe très symbolique qu’a donnée le Saint Père. Cet endroit a été l'épicentre du conflit dans la région, notamment en 2019, lorsque ceux qu'on appelle ici les « Ambaboys », les séparatistes, avaient lancé des attaques contre un vol de la compagnie Camair. Depuis cette année-là, l'aéroport est fermé et n'a été remis en service que pour accueillir le Pape sur place. Au sein de la foule présente pour cette eucharistie, de nombreuses personnes étaient vêtues d'un pagne particulier. Béatrice portait ainsi une « robe en pagne avec de tons verts et jaunes, avec des photos du pape Léon XIV ». Touchée par la visite du Souverain pontife, cette Camerounaise « attend un grand changement », notamment de la part du gouvernement : « Le pape lui a rendu visite, il a rencontré ses membres, il a parlé avec eux. Et maintenant, à Bamenda, il appelle au dialogue. La venue du pape ici nous donne beaucoup d'espoir ». Le pape Léon XIV après avoir délivré un message fort de paix et de réconciliation nationale, a quitté l'aéroport de Bamenda au son des chants de la foule en liesse.









