Actualités of Friday, 17 April 2026

Source: www.camerounweb.com

Dernière minute: un gros scandale secoue le Cameroun, des têtes vont tomber

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Alors que le Cameroun s'apprête à lancer son premier grand recensement depuis 2005, une correspondance exclusive révèle des conditions de travail indignes pour les agents de terrain. Entre salaires de misère et frais de transport dérisoires, le risque de chiffres faussés inquiète. L'opération, financée à hauteur de 13,28 milliards de FCFA, pourrait bien produire des statistiques « dignes d'un vaste simulacre ».







Exclusif… RÉVÉLATIONS SUR LE SCANDALE DU RECENSEMENT GÉNÉRAL DE LA POPULATION ET LE RISQUE DE CHIFFRES FAUSSÉS… Correspondance particulière
« Alors que le Cameroun s’apprête à lancer son premier grand recensement depuis 2005, le traitement réservé aux agents recenseurs sur le terrain soulève une vague d’indignation. Entre salaires de misère et frais de transport dérisoires, les "petites mains" du développement sont sacrifiées sur l’autel de la bureaucratie, menaçant la crédibilité même des statistiques nationales.
C’est un document qui fait froid dans le dos. Le tableau des revenus des agents recenseurs pour le 4ème Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH), couplé au Recensement Général de l’Agriculture et de l’Élevage (RGAE), révèle une réalité brutale : l’exploitation institutionnalisée de la jeunesse camerounaise.

5 000 FCFA pour 100 KM : L’insulte faite au terrain
Le chiffre est là, implacable et déshonorant : 5 000 FCFA. C’est le montant total alloué aux frais de transport pour rejoindre les zones de travail. Pour un agent envoyé dans l’arrière-pays, devant parcourir des dizaines, voire des centaines de kilomètres sur des pistes impraticables pour atteindre des ménages isolés, cette somme ne couvre même pas le carburant d’une moto-taxi sur deux jours.
À titre de comparaison, une mission de direction dans les administrations centrales à Yaoundé génère des perdiems quotidiens dépassant souvent le salaire mensuel complet de ces agents qui, eux, vont "suer eau et sang" sous le soleil et la pluie. Comment peut-on demander à un agent de collecter des données complexes sur la démographie, l'agriculture et l'élevage (tâche chronophage et technique) tout en le laissant dans une précarité telle qu’il n'aura même pas de quoi se loger dignement en brousse ?
La "fabrique" de fausses statistiques
Le danger est immense. Un agent affamé, épuisé et méprisé est un agent qui ne peut pas produire de miracles. Le risque est désormais quasi certain : pour survivre et boucler leurs quotas sans moyens de mobilité, beaucoup seront tentés de remplir les fiches dans des "bosquets" ou au fond de leur chambre.
Si la population du Cameroun se retrouve demain tronquée, si les données sur notre cheptel et nos récoltes sont faussées, la faute n’en reviendra pas aux agents, mais à ceux qui ont conçu ce budget d'indigence. On ne bâtit pas les politiques publiques d'émergence d'une nation sur des mensonges statistiques nés du désespoir.
L’appel au Chef de l'État et aux Bailleurs Internationaux
Monsieur le Président de la République, Chef de l’État, garant de la justice sociale : pouvez-vous accepter que pour une opération aussi stratégique, vos "enfants" soient traités moins bien que des manœuvres saisonniers ?
Aux bailleurs de fonds — Banque Mondiale, organismes onusiens — vous qui prônez la "gouvernance transparente", le "travail décent" et la "réduction de la pauvreté" : comment vos audits peuvent-ils valider une grille tarifaire qui ressemble à de l'esclavage moderne ? Financer un recensement à coups de milliards pour que "la part du lion" reste dans les bureaux climatisés de Yaoundé pendant que le terrain meurt de faim est une faute morale et technique grave.
Il est encore temps de rectifier le tir. Revaloriser les frais de transport, assurer une subsistance réelle et traiter ces agents comme les piliers de notre souveraineté statistique qu'ils sont. Sans quoi, ce recensement ne sera qu'un vaste simulacre coûteux, dont les chiffres ne vaudront pas le papier sur lequel ils sont écrits.
Le Cameroun mérite mieux. Sa jeunesse aussi.»
Rappelons que le coût total de l’opération est de 13,28 milliards Fcfa. Une partie importante de ce financement provient du Projet régional d'harmonisation des informations statistiques en Afrique de l'Ouest et en Afrique centrale, soutenu par la Banque mondiale, qui mobilise plus de 7 milliards de FCFA pour l'opération camerounaise. Le solde, soit plus de 6,26 milliards de FCFA, est pris en charge par le budget de l'État.
Ainsi va la République