Dans un climat politique toujours tendu au Cameroun, des voix critiques s’élèvent au sein de l’opposition contre Issa Tchiroma Bakary, accusé par certains intervenants d’avoir manqué de sincérité et de s’être aligné sur le pouvoir en place. Ces critiques mettent en cause son passé politique, jugé incompatible avec les attentes d’une partie de l’opinion qui réclame désormais des actions concrètes plutôt que des discours.
Dans une sortie l’activiste basée dans la diaspora Sandy Boston pointe notamment certaines déclarations controversées de de l’ancien candidat à la présidentielle du 12 octobre 2025, estimant qu’elles entachent sa crédibilité et sa capacité à incarner une alternative politique fiable. Dans ce contexte, ils appellent à des preuves tangibles d’engagement en faveur du peuple camerounais.
« Chiroma nous a menti. Il a joué le jeu du gouvernement. Il a mené des boubous remplis de mensonges. Qu'est-ce que Tchiroma va dire aujourd'hui qui va nous convaincre? Nous voulons des actions, hein? Nous voulons des actions. Je suis désolée, son background fait qu'il faudra qu'il en fasse un peu plus pour convaincre les Camerounais de sa sincérité. Parce que c'est un monsieur qui a dit que les mamans qui avaient été tuées au nom, c'était au Mali.
« C'est un monsieur qui nous a dit que le bébé de Vanessa Chattou était enterré. Ça, c'est des faits que, malgré tout, on va oublier, mais c'est là. Donc, ça nous montre qu'il peut mentir sans cligner des yeux. Issa Tchiroma peut regarder la caméra, mentir sans cligner des yeux. À partir du moment où on a dans notre tête qu'Issa Chiroma, c'est un candidat qui a déjà menti et qui peut mentir, penser sans rire, sans cligner des yeux, et au lieu de se dire qu'il peut aussi nous mentir, maintenant, pour que nous n'oublions qu'il peut nous mentir, il faut qu'il nous prouve qu'il ne ment pas. Il faut qu'il nous prouve qu'il est prêt à lutter pour le peuple et qu'il va lutter pour le peuple. », a-t-elle déclaré.
Parallèlement, Sandy Boston a déplacé le débat vers le rôle de Maurice Kamto, leader du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC). Selon elle, certains acteurs politiques estiment qu’il pourrait jouer un rôle déterminant en soutenant un autre candidat de l’opposition, renforçant ainsi ses chances face au pouvoir. Une hypothèse qui alimente la notion de « faiseur de roi », attribuée à Kamto en raison de son poids électoral. L’ancienne activiste de la Brigade Anti Sardinards (BAS) précise toutefois que cette perspective divise les forces vives de l’opposition.
« Les gens qui disent que Kamto doit faire le roi, nous disent qu'il n'y a pas eu injustice. Donc Kamto, pleurs pour rien. Dans nous, pleurons pour rien. Dans les Ivoiriens, les sénégalais et le monde entier, pleurs pour rien. Il n'y a pas eu injustice et que c'est eux qui veulent repêcher Kamto. Ils vont faire un acte de magnanimité envers Kamto en leur repêchant dans leurs tickets. Au contraire, dans la salle du Conseil constitutionnel, d'après Sam Baka, il y avait des soi-disant opposants qui ont jubilé, qui étaient contents de la décision du Conseil constitutionnel. Donc voilà, un des trois, un des deux qu'on demande au présent Kamto de soutenir, de faire le roi. On demande à Kamto de faire d'un nordiste le roi.
« Mais quand on dit que Kamto est faiseur de roi, ça veut dire quoi? Ça veut dire qu'on reconnaît que Kamto a l'électorat nécessaire pour faire traverser la ligne dans les unes à un candidat. Ça veut aussi dire qu'on reconnaît que Kamto lui-même a déjà traversé cette ligne en 2018 dans les unes. Parce que tous ceux qui disaient que Kamto est faiseur de roi, en réalité, c'est les mêmes gens qui disaient que Kamto réclame la victoire pour pouvoir gagner.
« Mais aujourd'hui, ils disent que Kamto est faiseur de roi. On ne peut pas faire de roi si on ne peut pas être roi soi-même. On ne peut pas être faiseur de roi si on ne peut pas être roi soi-même.
« Il faut avoir les étoffes d'un roi pour fabriquer un roi. Donc, Kamto, tout le monde aujourd'hui reconnaît que c'est celui qui détient la clé de voûte de cette élection en donnant le mot d'ordre pour un autre opposant. Donc, si aujourd'hui, ces gens qui appellent Kamto à donner son quitus à quelqu'un d'autre, sont eux-mêmes en train de dire que non, Clément Atangana avait raison.
« Donc, Kamto va leur donner le quitus. Ils vont gagner dans les unes. Parce que nous, on connaît bien le processus. Donc, tous ceux qui demandent le quitus de Kamto, en réalité, c'est ceux-là qui savent que Kamto va leur donner la légitimité du peuple et qu'il faudra se battre. Qu'il faudra aller dans la rue, se battre. Pour reconquérir cette légitimité face au FDPC qui va tricher une fois de plus.
« Je suis là où je suis parce qu'il fallait que je protège ma vie. Que ceux qui s'interrogent sur ma présence ici. Ce combat continue aujourd'hui et il continuera parce que nous sommes en train de le gagner et nous le gagnerons.
« C'est parce que je suis vivant. C'est parce que je suis en liberté. Si j'étais resté au Cameroun, entre leurs mains, de toute façon, si j'étais resté au Cameroun, de toute façon, aujourd'hui, ou on ne parlerait de moi qu'au passé, ou alors je serais en prison quelque part. »









