C’est une véritable fin de cycle pour le régime de Paul Biya au pouvoir depuis 42 ans. L’état de santé de certains hauts dignitaires du RDPC constitue désormais un sujet de préoccupation nationale. Après l’ex président du Sénat Marcel Niat et l’ex président de l’Assamblée nationale Cavaye Yeguie qui sont presque mourant du fait de leur âge avancé et des ennuis de santé, c’est au tour de Clément Atangana de rejoindre le groupe.
Selon des informations de sources concordantes, le président du conseil constitutionnel Clément Atangana, 84 ans, souffrant, est hospitalisé depuis quelques jours à l’hôpital général de Yaoundé. Il souffre de diabète, d’hypertension et d'insuffisance rénale chronique.
C’est à l'hôpital général de Yaoundé les lundi, mercredi et vendredi à minuit sous forte escorte de gendarmes qu’il tient ses séances de dialyse dans une salle vitrée, climatisé aménagée exceptionnellement pour lui.
Né le 20 septembre 1941 à Ekoumeyeck, dans la Région du Centre du Cameroun, Clément Atangana est l’un des magistrats les plus éminents du pays. Premier président du Conseil constitutionnel du Cameroun, il est le garant de l’État de droit et de la Constitution depuis sa nomination en février 2018. Son parcours, jalonné de responsabilités prestigieuses, fait de lui une figure incontournable de la justice camerounaise.
Issu d’une éducation rigoureuse à Yaoundé et à Nkongsamba, Atangana poursuit des études de droit à l’Université Fédérale du Cameroun, avant de se former à l’École Nationale d’Administration et de Magistrature (ENAM). Son savoir-faire et sa détermination l’amènent à intégrer la magistrature le 20 décembre 1968, un début d’une carrière d’une rare longévité et densité.
Sa carrière débute en tant que Juge d’Instruction à Nkongsamba, puis se poursuit par des postes de responsabilité dans plusieurs tribunaux à travers le pays. Il devient successivement Président des tribunaux d’instance d’Eséka, Bafia, Mora et Sangmélima avant de gravir les échelons pour devenir Président de la Cour d’Appel du Centre et Procureur Général près la Cour d’Appel du Nord.
Enfin, il atteint le sommet de sa carrière en 2018, lorsqu’il est nommé Président du Conseil constitutionnel par décret du Président Paul Biya, une mission qu’il mène avec une rigueur et une impartialité admirables.
Outre sa carrière judiciaire, Atangana a œuvré pour la démocratie en tant que Président de la Commission Nationale de Recensement des votes depuis 1997. Il a aussi marqué l’histoire en siégeant pendant plusieurs mandats au Comité des Droits Économiques, Sociaux et Culturels des Nations Unies. Son travail sur la scène internationale est un prolongement naturel de son engagement à la préservation de l’intégrité des droits humains et de la gouvernance démocratique.









