Actualités of Thursday, 9 April 2026

Source: www.camerounweb.com

Affaire Martinez Zogo : la « situation room » au cœur du piège tendu à Eko Eko

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Selon les révélations exclusives de Jeune Afrique, le témoignage de l'informaticien Alain Thomas Ndima Bodo a relancé les débats sur l'existence d'images de surveillance de la salle de crise de la DGRE. Entre fichiers convertis, clé USB et ordres présumés, la défense de l'ancien patron des renseignements tente de déconstruire les accusations.

Jeune Afrique a pu suivre les audiences des 28 et 29 mars du procès des accusés du meurtre de Martinez Zogo, le journaliste d'Amplitude FM retrouvé mort en janvier 2023. Au cœur des échanges, le témoignage d'Alain Thomas Ndima Bodo, informaticien à la DGRE et responsable de la « situation room », la salle de crise où sont coordonnées les opérations sensibles. Ce témoin clé a apporté des éclairages sur des zones d'ombre qui agitaient les débats depuis des mois.

L'une des questions centrales du procès est de savoir si des images de caméras de surveillance de la situation room ont été supprimées. Justin Danwe, principal accusé et ex-directeur des opérations de la DGRE, affirme que c'est dans cette salle que Léopold Maxime Eko Eko lui aurait donné l'ordre de « traiter » Martinez Zogo. Or, selon Jeune Afrique, toutes les autres personnes citées par Danwe ont nié avoir participé à cette réunion. Les avocats de la DGRE ont tenté de rejeter sur Ndima Bodo la responsabilité de l'absence d'images, avant que le témoin ne clarifie sa position.

Jeune Afrique révèle que la confusion autour d'une clé USB a occupé une place centrale dans les débats. Le témoin a reconnu avoir « cru » que l'ordre de traiter des fichiers lui venait d'Eko Eko, alors qu'il provenait en réalité du directeur par intérim de la DGRE, Monkouop Mouminou. « Maintenant, je comprends que l'ordre donné par Bichara venait plutôt de M. Monkouop », a-t-il déclaré face au tribunal. Une clarification qui fragilise la thèse d'une manipulation directe d'Eko Eko sur les preuves.

Interrogé sur l'éventuel effacement de fichiers, Ndima Bodo a fermement nié. Selon Jeune Afrique, il a expliqué qu'il s'était plutôt chargé de « convertir les images en un fichier exploitable par les enquêteurs », ajoutant avec une certaine assurance : « Même si j'avais supprimé les fichiers, n'importe quel informaticien du quartier aurait pu les retrouver. » Une déclaration qui pourrait relancer les investigations techniques sur l'intégrité des preuves.

Le moment le plus glaçant du témoignage est survenu lorsque Léopold Maxime Eko Eko a demandé à Ndima Bodo s'il avait reçu des menaces depuis son implication dans l'affaire. Jeune Afrique rapporte que, les yeux vers le sol et d'une voix craintive, l'informaticien a simplement murmuré : « Je ne répondrai pas à cette question. » Une réponse qui alimente les soupçons sur d'éventuelles pressions exercées sur les témoins. L'affaire se poursuivra les 20 et 21 avril avec l'audition d'autres témoins.