Depuis quelques semaines, circulent des informations sur l’existence présumée d’un réseau de corruption et de falsification au sein du Ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires Foncières (MINDCAF), impliquant certains responsables administratifs et des complices dans l’administration préfectorale du Mfoundi. Selon les confidences du lanceur d’alertes Paul Chouta, ces acteurs sont accusés de pratiques frauduleuses telles que la création illégale de titres fonciers, la vente de terrains de l’État, l’extorsion de fonds et l’enrichissement illicite. L’activiste évoque également des mécanismes de protection et de clientélisme qui permettraient à ces responsables d’agir en toute impunité.
SCANDALE : VOICI L’UN DES RÉSEAUX QUI PILLENT LE TERRAIN DES CAMEROUNAIS AU MINISTÈRE DES AFFAIRES FONCIÈRES
Au Ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires Foncières (MINDCAF), sévit un réseau de faussaires bénéficiant de l’appui de complices au sein de l’administration préfectorale. Sont notamment indexés : le Chef de service départemental du cadastre du Mfoundi, un certain Mbassi Bidzanga, et le délégué départemental du MINDCAF du Mfoundi, un certain NNA, par ailleurs protégé de l’ancien ministre Édouard Akame Mfoumou. À cela s’ajoute le 2e adjoint préfectoral du Mfoundi, Essoh Martinez.
Dans cette « mêlée obscurantiste » où sont impliqués d’autres cadres de ce ministère, il leur est reproché des actes de corruption, d’enrichissement illicite, d’extorsion de fonds aux usagers, ainsi que la production d’actes illégitimes et litigieux qu’ils font signer.
Des pratiques frauduleuses et des chiffres vertigineux
À titre d’exemple, ces individus auraient entraîné le Ministre Eyebe Ayissi dans la déchéance en lui faisant signer « un arrêté sur un arrêté », permettant la création d'un titre foncier de 5 000 m² sur des titres déjà existants. Pour ce scandale nauséabond, ils auraient perçu 30 millions de FCFA des mains d’un financier nommé Mbega. Il convient de signaler que le géomètre affecté avait pourtant averti qu’il était techniquement impossible d’établir un nouveau titre sur ce terrain. Fort de son influence, Mbassi Bidzanga aurait choisi de passer outre, foulant aux pieds les principes de bonne gouvernance.
Animé d’un clientélisme sans pareil, Mbassi Bidzanga se targuerait d'être « intouchable », affirmant reverser 50 millions de FCFA chaque mois au ministère pour garantir sa protection.
Un inventaire de malversations
Poursuivant ses frasques, il aurait précédemment :
• Vendu un terrain du domaine privé de l’État à Olembe à l’ex-épouse de Jean-Baptiste Nguini Effa pour 25 millions de FCFA.
• Cédé 1 000 m² (également issus du domaine privé de l'État) à un certain Otono pour 35 millions de FCFA.
Ces pratiques ternissent l'image d'un ministère censé œuvrer pour l'intérêt public. Sur le plan opérationnel, une proche, infirmière de profession, ferait office de secrétaire et de technicienne de cadastre. Mbassi Bidzanga aurait également mis en place une « brigade secrète » de géomètres, marginalisant les professionnels agréés au profit d'un arsenal de faussaires, incluant son propre frère cadet qui officierait comme caissier. Devenu riche comme Crésus, il posséderait un immeuble de cinq niveaux dans un quartier chic de la capitale.
La complicité de l'administration préfectorale
Quant au 2e adjoint préfectoral du Mfoundi, Essoh Martinez, celui-ci se vanterait d’être le protégé du Ministre d’État chargé de la Justice, Laurent Esso. Bien qu'originaire de Nkongsamba, ce fonctionnaire du commandement territorial semble avoir fait de la capitale son terrain de chasse.
Complice du chef de service du cadastre, il percevrait systématiquement des commissions allant de 5 à 10 millions de FCFA lors de chaque descente, en utilisant abusivement le nom du Préfet pour légitimer ses actions. À son actif : trois immeubles construits à Yaoundé, dont un récemment achevé au quartier Mendong. Propriétaire de 45 titres fonciers, Essoh Martinez semble être un client sérieux pour le Tribunal Criminel Spécial (TCS).
Paul Chouta









