Actualités of Tuesday, 7 April 2026

Source: www.camerounweb.com

Courage indien : Cabral Libii traite Paul Biya d'un nom déplaisant

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Le Parti camerounais pour la réconciliation nationale, dirigé par Cabral Libii, a fait une déclaration devant ses collègues de la Commission spéciale lors de la discussion relative à la révision de la constitution. La rédaction de CamerounWeb vous propose de la (re)découvrir.

(…) Ce projet de loi constitutionnelle apporte des changements, mais refuse le changement. Oui, il introduit un Vice-Président. Mais à quoi sert une innovation si elle ne transforme rien ? Un vice-président nommé, c’est un citoyen sans peuple. Un pouvoir qui se nomme lui-même n’est pas une démocratie, c’est un cercle fermé. Le véritable problème de ce texte est simple. Il réorganise le sommet de l’État sans redistribuer le pouvoir. Le président nomme. Le président révoque. Le président décide.

Le comble, il crée l’éventualité de l’avènement d’un président de la République et d’un Vice-président, tous deux non-élus. Car en effet, le vice-président qui en cas de vacance du pouvoir, achève le mandat, prête serment et exerce le mandat comme un Président élu, donc, peut lui-même nommer un vice-président. Quand tout commence et tout finit au sommet, la République devient une pyramide et le peuple délaissé à la base, se sent écrasé. Où sont les contre-pouvoirs ? Où est le parlement dans cette réforme ? Où est la justice indépendante que réclame notre peuple ? Une Constitution sans équilibre des pouvoirs est une démocratie en déséquilibre permanent.

Ce texte évite soigneusement les vraies questions qui meublent les attentes des Camerounais que nous représentons : la limitation des mandats ; la transparence du pouvoir ; l’indépendance des institutions On ne réforme pas un système en contournant ses problèmes, on les affronte. C’est pourquoi notre posture n’est pas seulement de critiquer le texte qui nous est soumis. Pour le moment et pour l’histoire, nous nous permettons aussi de proposer des ajustements à ce dernier.

Premièrement : redonner le pouvoir au peuple. S’il y a une réelle volonté de sursaut démocratique, le vice-président doit être élu avec le Président dans un ticket électoral. À défaut, et dans une approche réaliste à laquelle nous souscrivons volontiers, qu’au moins sa nomination fasse l’objet d’une validation parlementaire. Les Parlementaires sont heureusement, les représentants du Peuple.

Ne l’oublions jamais, le pouvoir ne se donne pas entre élites, il se reçoit du peuple. Deuxièmement : limiter le pouvoir pour le rendre légitime. Nous proposons une limitation stricte des mandats présidentiels. Un pouvoir sans limite finit toujours par dépasser les limites. Un mandat de sept ans renouvelable une fois, voilà une réforme qui reflète les attentes du Peuple. Troisièmement : lutter réellement contre la corruption. La déclaration des biens doit être obligatoire, publique et sanctionnée. La transparence n’est pas une option, c’est une exigence démocratique que la Constitution en soi doit remplir. Quatrièmement : protéger la Constitution contre elle-même.

Certaines règles doivent être intouchables, notamment celles relatives à la limitation des mandats et aux droits fondamentaux. Une Constitution qui peut tout changer peut aussi tout détruire. Mesdames et messieurs, chers collègues et homologues parlementaires, Le peuple camerounais n’attend pas une réforme cosmétique. Il attend une transformation réelle. Changer les mots sans changer le pouvoir, ce n’est pas réformer, c’est maquiller. Nous ne voulons pas d’une Constitution qui organise le pouvoir, nous voulons une Constitution qui protège le peuple. L’histoire nous regarde. Le peuple nous écoute. Et l’avenir nous jugera. Alors ayons le courage de dire non à l’insuffisant, et oui à l’essentiel. Parce qu’une grande nation ne se construit pas sur des demi réformes, mais sur des choix courageux.


La fin du message de Cabral Libii met en lumière la lâcheté de Paul Biya et de son camp ou de leur égoïsme à ne s'intéresser qu'à la conservation du pouvoir au lieu de la protection du pays et de ses habitants. Paul Biya appréciera.