Actualités of Tuesday, 7 April 2026

Source: www.camerounweb.com

Brenda Biya déconseille à ses followers de «devenir LGBTQ» : le spectaculaire volte-face de la fille du Président (vidéo)

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Elle avait fait de son identité un étendard. La voilà qui conseille aux autres de ne pas emprunter le même chemin. Brenda Biya, fille du président camerounais Paul Biya et personnalité publique suivie par des milliers d'abonnés sur les réseaux sociaux, vient de publier une vidéo qui a provoqué une onde de choc dans les communautés LGBTQ+ camerounaises et africaines. Dans ce contenu, elle déconseille curieusement à ses followers de ne pas devenir LGBTQ, avançant un argument pour le moins inattendu : selon elle, les Occidentaux eux-mêmes n'aiment pas réellement ces personnes — et a fortiori, la communauté africaine les répugne. Une sortie stupéfiante de la part d'une femme dont les prises de position publiques passées avaient précisément fait d'elle une figure emblématique de la visibilité LGBTQ+ en Afrique.


Pour comprendre l'ampleur du paradoxe, il faut rappeler qui est Brenda Biya dans l'imaginaire collectif africain et camerounais. Fille du chef de l'État le plus ancien du continent, elle avait défrayé la chronique en assumant publiquement son orientation sexuelle et sa relation avec une femme — dans un pays où l'homosexualité est criminellement réprimée par l'article 347 bis du Code pénal, passible de jusqu'à cinq ans d'emprisonnement.

Sa visibilité assumée sur les réseaux sociaux — photos de couple, déclarations d'amour publiques, lifestyle affiché — avait fait d'elle, aux yeux de beaucoup, un symbole de liberté et de courage, mais aussi une source de malaise profond dans une société camerounaise majoritairement conservatrice. Certains observateurs avaient ironiquement noté que la fille du président jouissait d'une impunité que ses compatriotes LGBTQ+ ordinaires n'auraient jamais.


Que Brenda Biya choisisse aujourd'hui de décourager ses abonnés d'embrasser une identité qu'elle a elle-même revendiquée haut et fort constitue un retournement que beaucoup peinent à comprendre. Les réactions dans les communautés concernées oscillent entre stupéfaction, blessure et colère. Car le message qu'elle délivre — les Occidentaux ne vous aiment pas vraiment, et les Africains vous rejettent — est perçu par certains comme un abandon, voire une trahison de ceux qui s'étaient identifiés à elle comme à un modèle possible de visibilité dans un environnement hostile.

D'autres y voient au contraire une forme de lucidité tardive — la reconnaissance que l'instrumentalisation de la cause LGBTQ+ par certains milieux occidentaux ne profite pas aux personnes concernées en Afrique, qui en paient le prix social, juridique et parfois physique, sans bénéficier des protections dont jouissent leurs homologues dans les pays qui font pression au nom de ces droits.


Cette sortie intervient dans un contexte où la question des droits LGBTQ+ en Afrique est plus tendue que jamais. Au Cameroun, les arrestations de personnes présumées homosexuelles se poursuivent. Des associations de défense des droits humains documentent régulièrement des cas de violence, d'extorsion et d'emprisonnement. Dans ce tableau, le privilège de Brenda Biya — fille du palais, protégée par une immunité de fait que la loi ne lui reconnaît pas explicitement — a toujours constitué un paradoxe douloureux pour les militants des droits LGBTQ+ qui risquent réellement leur liberté au quotidien.

Une influence à double tranchant
Qu'on l'approuve ou qu'on la condamne, la vidéo de Brenda Biya aura au moins le mérite de relancer un débat que personne au Cameroun ne peut se permettre d'ignorer indéfiniment : celui de la protection réelle des minorités sexuelles, de l'hypocrisie des discours — qu'ils viennent de l'Occident donneur de leçons ou des élites africaines qui condamnent en public ce qu'elles pratiquent parfois en privé.
Brenda Biya n'est pas une activiste. Elle n'a jamais prétendu l'être. Mais lorsque la fille du président camerounais parle de l'identité LGBTQ+ dans une vidéo publique, que ce soit pour la revendiquer ou pour en décourager l'expression, elle parle depuis un piédestal que la politique a construit et que la politique pourrait un jour reprendre.