Actualités of Tuesday, 7 April 2026

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Le Général Asso'o Emane : l'homme qui urinait dans la bouche des putschistes présumés.

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Il y a pile 42 ans, le Cameroun manquait de basculer. Le 6 avril 1984, un putsch éclatait contre Paul Biya, arrivé au pouvoir 18 mois plus tôt. La répression fut sanglante. Mais selon des révélations de l'ancien « monsieur sécurocrate » Jean Fochivé, elle fut aussi d'une rare barbarie. Dans un récit glaçant, il raconte comment certains colonels pervers faisaient boire leurs urines aux putschistes présumés, tandis que des cadres du Nord, dont l'implication n'avait pas été prouvée, croupissaient dans les geôles de Nkodengui.





Le Général Asso'o Emane : l'homme qui urinait dans la bouche des putschistes présumés.

Il y a pile 42 ans , jour pour jour, se déroulait une tentative avortée de coup d'État au Cameroun. Paul Biya , venait à peine de passer 18 mois à la tête de l'État, depuis son accession à la magistrature suprême, le 6 novembre 1982. Pris au dépourvus , par les putschistes , tous les officiers avaient pris la tangente dès les premiers retentissements des coups de canon. Pour l'anecdote , certains officiers supérieurs de l'armée , et non des moindres, avaient trouvé refuge sous les lits de leurs maîtresses.

Dans un mélange d'euphorie et de fureur à la fois, certains mutins se sont mis à violer les femmes des dignitaires et barons du régime. Le neveu du patron de la sûreté , qui faisait du zèle en parlant mal aux putschistes, avait ainsi été froidement abattu sur le champ et sous les yeux de son oncle .
La femme de l'encore Colonel Asso'o fut copieusement violée à tour de rôle, par plusieurs soldats de rang.

Dès que la situation revint sous contrôle , et que le rapport de force s'inversa définitivement en faveur des forces " loyalistes", sonna l'heure de la vengeance et du règlement de comptes à O.K. Corral.

Comme le raconte l'ancien monsieur sécurocrate, Jean Fochivé: " Les militaires tenaient là une occasion unique de se débarrasser de moi, bénéficiant même de l'appui d'un certain nombre de cadres de la police. Il fallait que je disparaisse. Je ne dus mon salut qu'à l'intervention rapide et très rigoureuse du chef de l'État. Il faut avouer que mon cas n'était pas unique; des cadres civils et militaires originaires du nord dont l'implication effective dans le coup n'avait pu être prouvée, ou du moins pas encore, étaient incarcérés dans la prison civile de "Nkodengui" et vivaient les affres de la proximité d'une mort que les bourreaux voulaient lente. Aspergés tous les matins d'un liquide prurigineux, ils se désaltéraient le soir avec les urines de certains colonels pervers. Le Président de la République fut forcément déçu par le comportement des officiers supérieurs qu'il avait pourtant auréolés de toutes les vertus après la victoire des militaires sur les insurgés. Cette situation que réussîmes tant bien que mal à contrôler , influencera plus tard la vie politique camerounaise, car, M. Biya la perçut comme un signe prémonitoire des risques de la démocratisation précipitée de la société camerounaise. Surtout, quand quelques mois plus tard il fut, sous la pression de certains supérieurs soutenus par mes adversaires politiques, obligé de me relever d mes fonctions , après avoir vainement essayé de me convaincre d'accepter un poste d'ambassadeur."


JPD