Actualités of Monday, 6 April 2026

Source: www.camerounweb.com

Poste de vice-président : une grande figure de l'opposition dévoile ce qu'il pense

Une opposition mécontente Une opposition mécontente

La perspective d’instaurer un poste de vice-président au Cameroun continue de susciter des réactions au sein de la classe politique. Joseph Emmanuel Ateba, Secrétaire national à la communication du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), a exprimé une vive critique à ce sujet.

Dans une déclaration, il affirme que : « Sans aucun mandat du peuple, on peut désormais devenir Président de la république au Cameroun par la seule volonté de Paul Biya ». Une telle évolution institutionnelle, poursuit-il, poserait la question de la légitimité démocratique et du respect du suffrage universel dans le processus d’accession au pouvoir.

En marge de cette sortie, l’Assemblée nationale a enregistré le dépôt d’une série d’amendements portés par l’Honorable Joshua Osih du Sdf et l’Honorable Ndjip Bienvenu, visant à modifier substantiellement le Projet de Loi n°2094/PJL/P relatif à la révision de la Constitution du 2 juin 1972.

Ces propositions législatives ciblent précisément la structuration de l’exécutif, la durée du mandat présidentiel et la représentativité du genre au sommet de l'État. L’amendement porté par l’Honorable Ndjip Bienvenu propose une modification de l’Article 6, alinéa 2, stipulant que le Président de la République est élu pour un mandat de 7 ans, renouvelable une seule fois.

Cette disposition vise à instaurer une limitation stricte des mandats, l’exposé des motifs précisant que cette mesure est nécessaire pour favoriser l’alternance démocratique et réduire les risques de présidence à vie. Le texte souligne que la stabilité institutionnelle dépend d’un mécanisme de succession clairement défini. De son côté, l’Honorable Joshua Osih, au nom du SDF, a déposé l’amendement n° 001/SDF introduisant le concept de ticket présidentiel. Selon cette proposition, le président et le vice-président de la République seraient élus conjointement sur un bulletin unique par une majorité de votes au suffrage universel direct.

Le texte impose une contrainte de composition géographique : les candidats du ticket doivent être d’origines régionales distinctes, l’un provenant de l’ancien Cameroun Occidental et l’autre de l’ancien Cameroun Oriental, afin de garantir l’équilibre national. L’Honorable Joshua Osih propose également une révision sémantique de la Constitution pour intégrer la neutralité de genre.

L’amendement de l’article 5 prévoit l’insertion systématique de la mention He (or She) pour toutes les prérogatives du Chef de l’État. Pour Cabral Libii du Pcrn, « à quoi sert une innovation si elle ne transforme rien ? Un vice-président nommé, c'est un citoyen sans peuple. Un pouvoir qui se nomme lui-même n'est pas une démocratie, c'est un cercle fermé ». D’après le député du PCRN, le véritable problème de ce texte est simple. Il réorganise le sommet de l'État sans redistribuer le pouvoir.

Le président nomme. Le président révoque. Le président décide. Le comble, il crée l'éventualité de l'avènement d'un président de la République et d'un vice-président, tous deux non-élus. M. Libii Li Ngué propose une limitation stricte des mandats présidentiels. Un pouvoir sans limite finit toujours par dépasser les limites. Un mandat de sept ans renouvelable une fois, voilà pour lui, une réforme qui reflète les attentes du peuple.
L'Indépendant n°1017 du 6 avril 2026