Actualités of Sunday, 5 April 2026

Source: www.camerounweb.com

Nomination du Vice-président : Chantal Biya au cœur de la guerre des Franck

Elle chercherait à favoriser son fils tout en protégeant ses intérêts politiques et personnels Elle chercherait à favoriser son fils tout en protégeant ses intérêts politiques et personnels

Les Camerounais retiennent leur souffle depuis l’annonce de la modification de la constitution avec la création du poste de vice-président. La première dame Chantal Biya, présentée comme une figure stratégique cherchant à influencer la succession au sommet de l’État. Deux figures s’opposeraient dans cette rivalité : Franck Biya, fils du président et héritier présumé, et un autre Franck, perçu comme un rival proche du pouvoir. Selon des sources concordantes, la Première dame chercherait à favoriser son fils tout en protégeant ses intérêts politiques et personnels. C’est une lutte de pouvoir marquée par des manœuvres discrètes, des rivalités internes et des calculs stratégiques. Il conclut en soulignant que le peuple reste spectateur de cette confrontation, tout en évoquant la possibilité d’une intervention d’un troisième acteur, comme l’armée.


La guerre des deux Franck aura-t-elle lieu ?

Dans les coulisses de la controverse autour d’une éventuelle modification constitutionnelle, se dessinent en filigrane l’ombre et l’influence de Chantal Biya, dans ce qui ressemble à un remake tragique de Britannicus de Jean Racine.

Dans cette mise en scène politique, Chantal Biya endosserait le rôle d’Agrippine la Jeune, stratège déterminée à imposer son camp. Franck Hertz, resté en embuscade, jouerait celui de Néron, le fils venu d’un autre lit. Face à lui, Franck Biya, fils biologique du chef de l’État, tiendrait naturellement le rôle de Britannicus : celui de l’héritier légitime, à qui reviendrait de droit la succession.

Mais dans cette bataille feutrée, rien n’est simple. L’autre Franck, arrivé dans les bagages du pouvoir et qui a depuis accolé Biya à son patronyme d’origine, semble suivre son homonyme de très près, comme pour ne rien laisser lui échapper. Pendant que Franck Biya salue Emmanuel Macron, l’autre s’improvise photographe, attentif au moindre geste, au moindre symbole, au moindre signal du cours des choses.

Chantal Biya, de 38 ans plus jeune que le chef de l’État, paraît aujourd’hui déterminée à capitaliser ce qu’elle considère sans doute comme le “sacrifice” de sa jeunesse. Son objectif serait au minimum d’obtenir un retour sur investissement politique : assurer ses vieux jours, protéger ses intérêts, et se prémunir contre d’éventuels règlements de comptes de futurs dirigeants issus d’un camp hostile au sien.

Dans cette lecture des événements, c’est elle qui serait à l’origine de ce projet de réaménagement institutionnel, avec une idée simple : placer son fils et couper l’herbe sous les pieds de l’autre Franck, le rival jugé trop proche du pouvoir. Une manœuvre qui rappelle, une fois encore, les intrigues d’Agrippine dans Britannicus, lorsqu’elle s’emploie à imposer Néron au détriment de l’héritier naturel.

Cette guerre de succession, faite de réseaux, de calculs et de rivalités silencieuses, n’a visiblement pas encore livré son épilogue.

Et pendant ce temps, le peuple, relégué au rang de simple spectateur, se contente de compter les points. Mais il n’est pas exclu qu’au moment où les deux camps s’épuiseront dans leur affrontement, surgisse un troisième larron. Et comme dans la fable des voleurs et de l’âne, ce pourrait bien être l’armée qui, au final, mette tout le monde d’accord.

JPD