Le projet de loi constitutionnelle soumis au Parlement camerounais serait lui-même anticonstitutionnel. C'est l'alerte lancée par Abdouraman Hamadou Babba, président national du RDDRC, qui dénonce une violation de l'article 64 de la Constitution. Selon lui, en permettant au Vice-Président non élu d'accéder à la présidence en cas de vacance du pouvoir, le texte porte « gravement atteinte aux principes démocratiques qui régissent notre République ». Une tribune qui promet de ne pas en rester là.
La Constitution actuelle du Cameroun interdit aux Députés et aux Sénateurs, réunis en congrès, d’adopter le projet de loi qui leur a été soumis.
Le projet de loi Nº 2094/PJL/P portant modification de la Constitution du Cameroun soumis au Parlement le 2 avril 2026 est anticonstitutionnel et son adoption ne peut être que nulle et non avenue.
Selon l’article 64 de la Constitution du Cameroun actuellement en vigueur, « Aucune procédure de révision ne peut être retenue si elle porte atteinte à la forme
républicaine, à l’unité et à l’intégrité territoriale de l’Etat et aux principes démocratiques qui
régissent la République ».
Le suffrage universel étant le principal garant de la démocratie, donner le pouvoir à une seule personne de nommer le Président de la République du Cameroun revient à assassiner cette démocratie camerounaise qui n’en est pourtant qu’à ses balbutiements.
Les dispositions de l’article 6 alinéa 6 de ce projet de loi constitutionnelle, qui permet à M. Paul Biya de se substituer au Peuple camerounais et de nommer de manière discrétionnaire le prochain Président de la République, porte gravement atteinte aux principes démocratiques qui régissent notre République.
En outre, les dispositions de cet article 6 alinéa 6 viennent en totale contradiction avec celles de l’article 5 (2) du même projet de loi qui dispose que le « Président de la République est élu de la Nation toute entière… »
En cas de vacance de la Présidence, le Vice-président qui deviendra le Président de la République ne sera élu que par M. Biya… Il n’aura même jamais fait acte de candidature et n’aura signé aucun contrat avec le Peuple camerounais souverain.
En quelques petites semaines, le Président Paul Biya s’est donc arrogé le pouvoir de nommer les députés, les conseillers municipaux et le Président de la République !
Il est plus qu’évident que le respect de la Constitution n’a jamais été une des préoccupations du Président Paul Biya qui est étonnamment présenté comme « légaliste » par ses affidés. Il est également plus qu’évident que, contrairement à son souhait exprimé en 1990, l’histoire ne retiendra pas du Président Paul Biya l’image de celui qui a apporté la démocratie et la prospérité au Cameroun.
Il est donc plus qu’impératif pour le Peuple du Changement de se mobiliser davantage et de rester vigilant pour agir le moment venu. Car, contrairement à ce que pensent certains, il y a encore des solutions pour empêcher une nouvelle confiscation de notre pays pour les cinquante prochaines années.
Nous devons donc travailler pour être prêts !
Abdouraman Hamadou Babba
Président National du Rassemblement pour la Développement et la Défense de la République du Cameroun (RDDRC)









