Actualités of Thursday, 2 April 2026

Source: www.camerounweb.com

Succession gré à gré: Paul Biya a son plan secret, nouvelles révélations

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Comme Alassane Ouattara en Côte d'Ivoire, Paul Biya préparerait en coulisses une succession dynastique au Cameroun. Une tribune signée JPD pose crûment les termes du débat : entre Franck-Emmanuel Biya, fils aîné officiellement reconnu du président, et Franck Hertz, le beau-fils issu du mariage avec Chantal Biya, la bataille pour l'héritage politique tourne à la « querelle de palais ». L'auteur dépeint une scène digne des tragédies antiques, où les ambitions familiales et les intrigues de cour priment sur tout débat démocratique.





Comme Alassane Ouattara, Paul Biya prépare une succession dynastique.

Chers amis et frères ivoiriens, venez donc, allons-nous en occuper un peu — ou, comme on dirait chez vous, faisons un peu de Gbérai — vous qui m’accusez régulièrement de ne jamais parler du Cameroun.

Je vous présente donc Franck-Emmanuel Biya, fils aîné officiellement reconnu de Paul Biya. Et la précision officiellement reconnu n’est pas anodine, tant elle vaut ici son pesant d’or. Car il existe en effet un personnage fantasque, devenu au fil du temps une sorte de bouffon public, qui revendique lui aussi cette place.

Selon certaines rumeurs persistantes, Franck-Emmanuel Biya serait né d’une relation adultérine entre Paul Biya et une nièce de sa première épouse, avec l’assentiment supposé de cette dernière, que l’on disait alors stérile. Qu’elle soit vraie ou non, cette version circule abondamment, dans un contexte où de telles pratiques ne sont pas étrangères à certaines traditions africaines.

Franck-Emmanuel Biya, dont l’on sait finalement très peu de choses sur le parcours académique ou les qualifications réelles, est surtout connu au Cameroun pour ses activités d’affaires, notamment dans le secteur du bois. Il n’a jamais exercé la moindre fonction élective, ni occupé de poste significatif dans la gestion publique ou administrative. Pourtant, son nom revient avec insistance chaque fois qu’il est question de la succession de son père.

Mais cette hypothèse semble désormais se heurter à un obstacle de taille, et non des moindres : Chantal Biya. L’épouse du président, mariée à lui en secondes noces, ne paraît pas disposée à laisser le terrain libre. À bien des égards, la scène rappelle les tragédies de cour de l’Antiquité, ou même les drames raciniens : elle évoque volontiers Agrippine la Jeune, la mère de Néron, qui manœuvra pour imposer son fils au détriment de l’héritier naturel de l’empereur Claude.

Certes, Chantal Biya a donné au président un fils et une fille. Mais elle est aussi entrée dans ce mariage avec des jumeaux issus d’une première union. Et l’un d’eux, Franck Hertz, qui a depuis ajouté Biya à son état civil, est lui aussi cité parmi les prétendants à la succession. Une prétention qui laisse nombre de Camerounais perplexes, tant ils peinent à comprendre sur quelle légitimité politique, institutionnelle ou historique elle pourrait réellement s’appuyer.

Voilà donc où en est le tableau, chers amis : au Cameroun, la succession présidentielle semble moins relever d’un débat démocratique que d’une querelle de palais, avec ses héritiers putatifs, ses intrigues familiales et ses ambitions concurrentes.


JPD