Ce n'était pas une rumeur. Ce n'était pas une supposition. C'était une information. Jeune Afrique, qui révélait en exclusivité dès ce mercredi la convocation imminente du Parlement camerounais en congrès, est pleinement conforté par un document officiel qui vient de tomber ce soir.
Signé ce 1er avril 2026 à Yaoundé par DATOUO Théodore, Président de l'Assemblée nationale et Président du Bureau du Congrès, l'Arrêté du Bureau n°2020/09/3/AB/BC portant convocation du Parlement en Congrès est désormais public. Le texte est sans ambiguïté :
«Le Parlement est convoqué en Congrès, le jeudi 2 avril 2026 à 11 heures, au Palais de verre PAUL BIYA de Yaoundé, à l'effet de modifier certaines dispositions de la Constitution.»
Le document s'appuie sur un triple fondement juridique : la Constitution, la Loi n°2014/016 du 09 septembre 2014 portant Règlement Intérieur de l'Assemblée Nationale, et la Loi n°2014/017 du même jour portant Règlement Intérieur du Congrès du Parlement. Il prend également acte du Procès-verbal n°2026/172/S/AN/10 du 17 mars 2026 constatant l'élection du Bureau définitif de l'Assemblée Nationale.
Surtout, le texte le précise noir sur blanc : cette convocation intervient «à la demande du Président de la République». C'est donc bien Paul Biya lui-même qui est à l'origine de ce congrès constitutionnel.
Jeune Afrique avait tout révélé
Dès ce mercredi matin, Jeune Afrique annonçait en exclusivité la tenue de ce congrès, ses grandes lignes, son calendrier et ses enjeux. Le journal révélait notamment que les parlementaires seraient appelés à examiner un texte portant modification de la Constitution, avec en toile de fond deux sujets majeurs : de nouvelles dispositions sur la durée et les modalités des mandats des élus, et l'introduction possible d'un poste de vice-président. L'arrêté de DATOUO Théodore vient confirmer point par point ces informations.
On notera que l'arrêté désigne désormais le lieu du congrès sous l'appellation «Palais de verre PAUL BIYA de Yaoundé» — une dénomination qui souligne à quel point l'institution parlementaire est intimement liée, dans sa symbolique officielle, à la figure du Chef de l'État. C'est dans ce même palais que se jouera, dès demain matin à 11 heures, l'un des moments constitutionnels les plus importants de l'histoire récente du Cameroun.
L'opposition sur le qui-vive
La convocation officielle laisse moins de 24 heures aux parlementaires pour se préparer. Un délai particulièrement court qui, combiné à la fronde observée lors de la séance plénière avortée du 31 mars — suspendue après des contestations sur la prorogation des mandats municipaux —, laisse présager des débats animés dès l'ouverture du congrès.









