Un communiqué signé ce mardi 31 mars 2026 par le Secrétaire Général de l'Assemblée nationale, ESSIAN André Noël, a mis fin aux spéculations : la séance plénière initialement prévue à 15 heures est officiellement reportée à une date ultérieure. Aucune explication n'est fournie dans le document. Mais dans les couloirs du Palais des verres de Ngoa Ekelle, les langues se délient.
Selon nos informations, c'est l'examen d'un projet de loi portant modification du code électoral qui aurait mis le feu aux poudres. Le texte, qui prévoit de rendre illimitée la prorogation du mandat des conseillers municipaux, a suscité une levée de boucliers au sein même de l'hémicycle. Des députés — y compris dans les rangs de la majorité — auraient vigoureusement contesté une disposition jugée trop extensive, susceptible de conférer à l'exécutif un contrôle sans précédent sur le calendrier électoral du pays.
Mais ce qui aurait définitivement embrasé la séance, c'est une autre information : la convocation imminente du Parlement en congrès dès le 2 avril, à peine 48 heures après cette plénière avortée. Une révision constitutionnelle d'envergure se profile, avec notamment — selon des sources concordantes — l'introduction d'un poste de vice-président et de nouvelles dispositions sur les mandats électifs. Face à l'ampleur de ce qui s'annonce, plusieurs députés auraient estimé qu'adopter dans la précipitation un texte sur les mandats municipaux, à la veille d'un congrès constituant, relevait d'un véritable passage en force.
La tension était palpable. La séance a finalement été suspendue sans date de reprise, laissant le texte en suspens et les interrogations entières.
Si l'adoption finale ne fait guère de doute — le RDPC disposant d'une majorité confortable dans les deux chambres — l'épisode du 31 mars révèle des lignes de fracture au sein du bloc parlementaire pro-Biya. À l'aube d'un congrès historique, c'est un signal que le pouvoir ne pourra pas ignorer.









