Le Cameroun renforce sa lutte contre la fraude douanière dans le secteur de la téléphonie mobile. Une décision conjointe des ministères des Finances et des Postes et Télécommunications, signée le 25 mars 2026, redéfinit les règles d'importation et de mise en circulation des terminaux numériques. L'objectif affiché est double : « mettre fin aux circuits informels et sécuriser les recettes publiques ».
Au cœur du nouveau dispositif figure le système informatique douanier CAMCIS, désormais interconnecté à une plateforme nationale d'identification des terminaux. Grâce au numéro IMEI, chaque appareil sera enregistré, classé et suivi. Les opérateurs de téléphonie devront configurer leurs réseaux pour bloquer tout téléphone non déclaré, sous peine d'être considérés comme complices de fraude.
La mesure concerne un large éventail d'acteurs : importateurs, distributeurs, mais aussi simples particuliers en possession d'appareils non dédouanés. Toutefois, une exception notable est prévue : les appareils déjà connectés aux réseaux locaux avant l'entrée en vigueur du dispositif bénéficient d'une amnistie fiscale et sont considérés comme en règle.
Les touristes et visiteurs de courte durée bénéficient d'un régime souple : leurs appareils peuvent être utilisés jusqu'à 30 jours, renouvelables dans une limite cumulée de 90 jours, sans paiement de droits. Par ailleurs, un outil gratuit de vérification du statut douanier sera mis à disposition du public, permettant aux acheteurs de s'assurer, avant tout achat, que l'appareil est en conformité.
Le texte rappelle avec fermeté que « l'importation ou la détention d'appareils non déclarés constitue une infraction de contrebande », passible de sanctions. Les distributeurs disposant de stocks déjà dédouanés ont un délai de 60 jours pour les enregistrer dans la nouvelle base de données. Avec cette réforme, les autorités entendent renforcer le contrôle du marché des terminaux numériques, en pleine expansion, tout en sécurisant les recettes fiscales de l'État.









