Actualités of Friday, 27 March 2026

Source: www.camerounweb.com

Yaoundé V : le commandant de brigade de Ngona accusé d'exactions et d'extorsions contre les populations

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Selon des témoignages concordants, le commandant Maiyir Nestor organiserait des patrouilles destinées à rançonner les usagers, libérerait des bandits contre paiement et ferait régner un climat de terreur dans l'arrondissement.


Dans l'arrondissement de Yaoundé V, la population est à bout. Depuis plusieurs mois, le commandant de la brigade de gendarmerie de Ngona, Maiyir Nestor, serait au cœur de multiples exactions, transformant sa fonction en véritable source d'enrichissement personnel. Les témoignages recueillis auprès des habitants dressent le tableau d'un officier qui, sous couvert de maintenir l'ordre, multiplie les abus et fait régner un climat de peur et d'impunité.

« On ne sait plus à quel saint se vouer », confie un résident du quartier, excédé par une situation qui dure.


Selon les plaintes recueillies, le commandant Maiyir Nestor organiserait chaque semaine des patrouilles sur les axes routiers de sa zone de compétence. Les usagers interpellés sont systématiquement conduits au poste de gendarmerie. Pour être libérés, ils doivent s'acquitter d'une somme de 50 000 FCFA.

« Aucune infraction n'est parfois relevée. Ils arrêtent, ils amènent, ils demandent l'argent et ils relâchent. C'est devenu une routine », dénonce un commerçant du quartier.


Le dernier prétexte invoqué par le commandant pour intensifier ces opérations serait la visite imminente du pape. Sous couvert de sécuriser sa zone, le commandant aurait déclenché une vaste traque contre les mototaximen. Les deux-roues sont systématiquement saisis et conduits à la fourrière.

Pour récupérer leur engin, les conducteurs doivent, là encore, s'acquitter de 50 000 FCFA. Une somme que beaucoup peinent à réunir, d'autant que la moto constitue souvent leur unique source de revenus.

« Je me suis fait arrêter trois fois ce mois-ci. À chaque fois, j'ai dû payer 50 000 FCFA pour récupérer ma moto. Je travaille pour lui, pas pour nourrir ma famille », se lamente un mototaximan joint par téléphone.


Les accusations portées contre le commandant Maiyir Nestor ne s'arrêtent pas aux simples usagers de la route. Plus graves encore, des témoignages font état de collusion avec des criminels.

Dans un cas rapporté par plusieurs sources, des habitants auraient intercepté un bandit en flagrant délit de vol. La gendarmerie, appelée sur place, est venue récupérer le suspect. Mais au lieu de le déférer à la justice, le commandant aurait libéré le voleur contre le versement de 50 000 FCFA.

Même scénario pour un citoyen qui aurait porté plainte pour abus, avec preuves à l'appui. Le mis en cause, placé en cellule, aurait été libéré dès le lendemain après avoir, lui aussi, versé la somme rituelle.

« À quoi bon porter plainte si c'est pour voir le coupable repartir libre contre de l'argent ? La justice est devenue un marché », fulmine un habitant de Ngona.


Face à ces dénonciations, les populations de Yaoundé V disent ne plus savoir à qui s'adresser. Certains ont tenté de saisir la hiérarchie du commandant, sans succès. D'autres redoutent les représailles.

« Il a le bras long. Si vous osez le dénoncer, vous serez le prochain à passer à la caisse, ou pire », souffle un commerçant qui préfère garder l'anonymat.

La brigade de Ngona, censée protéger les citoyens, est devenue selon eux une machine à extorquer, où l'uniforme sert désormais à terroriser ceux qu'il devrait défendre.

Extorsion, abus d'autorité, trafic d'influence : un faisceau d'accusations
Les infractions dénoncées par les populations sont multiples : extorsion de fonds, abus d'autorité, trafic d'influence, violation des droits des citoyens. Pour les victimes, ces pratiques sont devenues insupportables.

« C'est une honte pour l'uniforme. Ces hommes sont payés par nos impôts pour nous protéger, pas pour nous dépouiller », s'indigne un enseignant du quartier.

Aucune autorité n'a pour l'instant réagi officiellement à ces dénonciations. La hiérarchie de la gendarmerie, saisie de manière informelle par plusieurs habitants, serait-elle au courant de ces pratiques ? Les victimes attendent une intervention rapide avant que la situation ne dégénère.