Actualités of Friday, 27 March 2026

Source: www.camerounweb.com

Vice-présidence : Me Ntimbane Bomo contre la nomination discrétionnaire — « NON à la succession de gré à gré ! »

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Dans le débat qui s'intensifie autour de la création d'un poste de vice-président de la République, une voix de l'opposition se fait entendre avec force. Me Christian Ntimbane Bomo, président exécutif du Parti Héritage, a publié ce 25 mars 2026 sur sa page Meta une déclaration sans équivoque : si un poste de vice-président doit être créé au Cameroun, son titulaire doit être élu au suffrage universel — et non nommé par le chef de l'État.


La formule est tranchée. « Un vice-président nommé de façon discrétionnaire par le Président de la République et qui peut le remplacer en cours de mandat pour quelque raison que ce soit — démission, incapacité, décès —, n'est rien d'autre qu'une atteinte au fondement démocratique de l'État », écrit l'avocat. « C'est ce qu'on appelle du gré à gré. »

Me Ntimbane Bomo rappelle le précédent historique qui rend ce débat brûlant : « C'est exactement le schéma par lequel le Président Ahmadou Ahidjo avait désigné et choisi le Président Paul Biya, alors Premier ministre, successeur constitutionnel. » En d'autres termes : ce que le régime envisage pour demain, c'est la répétition exacte de ce qui s'est fait en 1982 — une transmission de pouvoir entre pairs, sans passage par les urnes.

Face à l'argument des difficultés financières souvent avancé pour justifier l'absence d'élection, Ntimbane Bomo propose une réponse concrète : « Le Cameroun pourra exceptionnellement solliciter l'aide des pays amis comme la Corée du Sud et le Japon qui ont toujours voulu aider le Cameroun dans ce domaine. » Un argument pragmatique qui tente d'évacuer les obstacles techniques pour recentrer le débat sur le fond : la légitimité démocratique.

Sa conclusion est un appel à tous les démocrates camerounais : « Tout citoyen camerounais qui se veut démocrate doit s'opposer à ce mécanisme de passation archaïque et antidémocratique du pouvoir. »


La sortie de Me Ntimbane Bomo s'inscrit dans un contexte où la révision constitutionnelle avance à marche forcée au Parlement. La Commission des lois constitutionnelles de l'Assemblée Nationale a déjà entamé ses travaux sur le projet de loi portant prorogation du mandat des députés — première étape d'un chantier institutionnel plus vaste dont la création du poste de vice-président constitue le cœur. Pour l'opposition, le temps presse : ce qui se décide dans les prochaines semaines engagera le Cameroun pour plusieurs décennies.