Selon des révélations exclusives de Jeune Afrique, le Cameroun a sacrifié ses relations avec Taïwan pour préserver ses intérêts économiques avec la Chine. Cette décision, qui a conduit au boycott de la conférence ministérielle de l’OMC par Taïwan, illustre l’emprise croissante de Pékin sur les choix diplomatiques de Yaoundé.
D’après les informations de Jeune Afrique, la Chine est devenue le premier partenaire commercial et le principal prêteur bilatéral du Cameroun. Les investissements chinois se concentrent sur des secteurs stratégiques : infrastructures portuaires (comme le port en eau profonde de Kribi), énergétiques (barrages hydroélectriques), et numériques (déploiement de la fibre optique). Ces projets, souvent financés par des prêts chinois, renforcent la dépendance économique du Cameroun envers Pékin.
En qualifiant Taïwan de « province de Chine » sur les visas de la délégation taïwanaise, le Cameroun a choisi de plaire à Pékin, au risque de s’aliéner un partenaire historique. Jeune Afrique révèle que cette décision n’est pas isolée : elle s’inscrit dans une stratégie d’alignement systématique sur les positions chinoises, notamment sur les questions de souveraineté territoriale. Une position qui pourrait, à terme, affaiblir la crédibilité diplomatique du Cameroun sur la scène internationale.
Cette décision envoie aussi un signal fort aux mouvements indépendantistes internes, comme celui de l’Ambazonie. En soutenant la position chinoise sur l’unité territoriale, Yaoundé cherche à décourager toute velléité de reconnaissance internationale des revendications séparatistes. Une manœuvre diplomatique qui montre comment les enjeux internes influencent la politique étrangère du Cameroun.
Le boycott de Taïwan à la conférence de l’OMC pourrait affecter l’image du Cameroun en tant qu’hôte neutre et fiable. Jeune Afrique souligne que cette crise diplomatique intervient dans un contexte où le pays cherche à renforcer son attractivité économique. Une situation qui pose la question : jusqu’où Yaoundé est-il prêt à aller pour préserver ses relations avec Pékin ?









