Actualités of Tuesday, 24 March 2026

Source: www.camerounweb.com

Personne pour sauver le Cameroun du naufrage collectif : Jean Bruno Tagne lance un cri de cœur

Image illustrative Image illustrative

Il n'y va pas avec le dos de la cuillère. Dans sa tribune libre du lundi 23 mars 2026, le journaliste et écrivain camerounais Jean Bruno Tagne, opposant au RDPC, dresse un diagnostic impitoyable sur l'état du Cameroun — et son pronostic est sombre.

« Devenu vieux et quasi impotent, il n'y a plus personne pour tenir le gouvernail »

Pour Tagne, le mal est profond et la cause est identifiable. Paul Biya « a régné pendant pratiquement un demi-siècle sans second », « anéantissant tous les contre-pouvoirs » et « criminalisant l'ambition présidentielle, y compris dans son propre camp ». Le résultat, décrit sans ménagement : « une élite politique et administrative veule, sans personnalité, corrompue, incompétente, ignorante des grands enjeux qui interpellent l'avenir d'un État ».
Aujourd'hui, écrit-il, le prix de cette politique se paie au prix fort : « Tous sont transis de peur à l'idée de prendre la moindre initiative sans en référer à un chef fantomatique et plus préoccupé par ses bobos physiques que par le pays qu'il est supposé diriger. » La conséquence est directe : « le pouvoir est dans la rue ».

Le vice-président — même problème, même engeance

Sur le débat du moment — la création d'un poste de vice-président — Tagne n'est pas plus tendre. Il y voit « une arlésienne dont le seul but est d'arracher le pouvoir de gré à gré, sans passer par le suffrage universel ». Pire : les noms qui circulent pour ce poste ne lui inspirent aucune confiance. « Que des anciens combattus déjà passés aux affaires sans jamais montrer de grandes qualités d'hommes d'État. Comme si le pays était condamné, pour les cinquante prochaines années encore, à la même engeance d'incompétents qui l'a détruit. »

Un cri sans écho ?

« Personne ne s'en offusque. Personne pour y mettre de l'ordre. Personne pour sauver le Cameroun du naufrage collectif. » Trois phrases courtes, répétées comme un glas, qui disent à elles seules le désespoir d'un observateur qui voit le bateau couler et ne voit aucune main se tendre pour le retenir.
Jean Bruno Tagne ne propose pas de solution. Il lance un cri. Et dans un pays en pleine recomposition institutionnelle — révision constitutionnelle, prorogation des mandats, succession en préparation —, ce cri résonne avec une particulière acuité.