Actualités of Monday, 23 March 2026

Source: www.camerounweb.com

REVELATION: comment l’éviction de Cavayé Yéguié Djibril a désamorcé une bombe diplomatique en Centrafrique et au Tchad

Image illustrative Image illustrative

Derrière la bataille pour le perchoir de l’Assemblée nationale se cachait une crise diplomatique silencieuse. Selon les révélations exclusives de Jeune Afrique, les lettres non autorisées de Cavayé Yéguié Djibril aux présidents voisins ont scellé son sort aux yeux de Paul Biya.

À Yaoundé, on a longtemps résumé la disgrâce de Cavayé Yéguié Djibril à des problèmes de santé ou de sénilité. Pourtant, une enquête minutieuse de Jeune Afrique révèle que la décision de Paul Biya de l’écarter dès mars 2026 trouve sa source dans une affaire d’État bien plus sensible : une correspondance diplomatique parallèle qui menaçait l’équilibre régional.

Selon les informations exclusives portées à la connaissance de Jeune Afrique, le différend entre le président de la République et son désormais ex-président de l’Assemblée nationale a atteint son paroxysme en 2024. Alors que Paul Biya mène une politique de réchauffement discret avec Bangui et N’Djamena, Cavayé Yéguié Djibril aurait adressé des courriers à ses homologues centrafricain et tchadien. Ces lettres, obtenues par Jeune Afrique, ne traitaient pas de coopération parlementaire, mais contenaient des plaintes acerbes contre des figures influentes du régime camerounais, accusées, selon lui, de fomenter des troubles dans l’Extrême-Nord.

Une source haut placée au sein de la présidence confie à Jeune Afrique : « Le président Biya a découvert que Cavayé se plaignait directement à des chefs d’État étrangers de membres de son propre gouvernement. Pour un régime où tout est centralisé à Etoudi, c’était un acte de trahison. » Ces agissements, qualifiés d’« ingérence négative » par le secrétaire général du RDPC, Jean Nkuete, ont été patiemment documentés par les services de renseignement.

Jeune Afrique a également appris que la goutte d’eau qui a fait déborder le vase est intervenue lors de la dernière campagne présidentielle. Face aux caméras, Cavayé Yéguié Djibril avait non seulement tenu des propos incohérents, mais avait également publiquement accusé un membre du gouvernement de complicité avec Boko Haram. Cette accusation, balayée d’un revers de main par Yaoundé, avait pourtant failli déclencher une crise de confiance avec les partenaires internationaux de la coalition anti-terroriste. C’est à ce moment précis, selon Jeune Afrique, que Paul Biya a ordonné à son secrétaire général de préparer discrètement l’opération de succession, confiée à Théodore Datouo, pour éviter que le Cameroun ne devienne un sujet de discorde dans les capitales voisines.