Drôle de façon de gérer un centre de santé. Les désordres occasionnés à la tête de la structure ont poussé une des victimes à dénoncer. Elle le fait auprès du célèbre lanceur d’alerte qui s’est ensuite charger de relayer la lettre dont voici le contenu.
Cher frère et compatriote, je viens par la présente dénoncer une situation grave d’abandon de poste au centre de santé nouvellement construit et inauguré à Mekomo, village situé dans l’arrondissement d’Ebolowa II, à environ 49 km d’Ebolowa sur l’axe menant vers Nkolandom, village du ministre d’État, Jacques Fame Ndongo.
Ce centre de santé a été inauguré l’année dernière et doté d’équipements médicaux pour les analyses, d’une capacité d’hospitalisation de 15 lits, ainsi que d’une moto neuve destinée à faciliter les déplacements de l’infirmier pour le suivi des malades dans les villages environnants.
Malheureusement, l’infirmier en chef s’est approprié cette moto et réside la plupart du temps entre Ebolowa et Mbalmayo, laissant le centre de santé fermé et sans personnel. Cette moto, qui devait servir à assister les populations rurales, est aujourd’hui utilisée à des fins personnelles.
Cette situation a des conséquences dramatiques : des malades graves sont obligés de parcourir de longues distances jusqu’à Ebolowa pour se faire soigner, et certains perdent malheureusement la vie en route, alors même que l’État a doté le village de Mekomo d’un centre de santé moderne.
Par ailleurs, l’année dernière, la SCDP ainsi que la mairie d’Ebolowa II avaient offert une importante quantité de médicaments au centre de santé. Selon les informations recueillies auprès de la population, ces médicaments auraient été vendus par l’infirmier en chef. À ce jour, le centre de santé ne dispose plus d’aucun médicament.
Face à cette situation, le chef du village a convoqué une réunion avec la population, et une lettre de dénonciation a été adressée au ministre de la Santé publique, avec ampliation à la Délégation régionale de la santé du Sud ainsi qu’au maire d’Ebolowa II. Jusqu’à présent, aucune suite favorable n’a été donnée à cette plainte.
Nous attirons donc l’attention de tous sur cette situation très préoccupante afin que des mesures urgentes soient prises, notamment le remplacement immédiat de l’infirmier en chef ; l’affectation d’un personnel médical adéquat, comprenant au minimum un infirmier, un laborantin, une aide-soignante.
Le centre de santé de Mekomo représente un espoir vital pour les populations de cette zone rurale. Il est urgent qu’il puisse fonctionner normalement afin de sauver des vies.









